L’ancienne cheffe du Bloc québécois Martine Ouellet fait son grand retour sur la scène politique. Elle a annoncé vendredi la création d’un nouveau parti provincial indépendantiste, appelé Climat Québec, en vue des élections de 2022.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« La politique au Québec vit présentement une grande redéfinition. Un très grand bassin de citoyens ne se reconnaît pas à l’intérieur de l’offre actuelle. Il y a un écart de plus en plus grand qui se creuse entre les aspirations des citoyens et les agendas des partis politiques trop souvent au service de l’élite économique. Face à l’urgence climatique, nous devons nous rassembler », a plaidé la femme de 52 ans dans une déclaration envoyée aux médias vendredi matin.

Elle affirme que le Québec a « largement les ressources, le génie et les compétences qui nous permettront d’opérer ce changement de cap essentiel » et de « devenir un pays leader pour faire face à l’urgence climatique ».

Plus tôt en matinée, Martine Ouellet avait publié des vidéos d’écologistes, d’artistes et de militants indépendantistes appuyant sa cause, sur sa page Facebook. Parmi eux, on trouve notamment les comédiens Ghislain Taschereau et Sylvie Legault, mais aussi le militant Patrick Bourgeois ou encore l’ancienne coordonnatrice d’Extinction Rebellion Catherine Bouchard-Tremblay.

Cette nouvelle formation politique aura pour ambition de présenter des candidats dans l’ensemble des 125 circonscriptions de la province. L’environnement sera au cœur des propositions du parti indépendantiste.

Dans le texte fondateur du parti, mis en ligne vendredi, on lit notamment que « le Canada sabote la capacité du Québec à se déployer efficacement pour le climat ». « Tant que notre démocratie ne disposera pas de tous ses leviers de pouvoir et qu’elle devra se faire complice de l’irresponsabilité canadienne – eu égard à notre statut provincial –, aucun plan d’action pour contrer la crise climatique ne pourra véritablement s’accomplir sur notre territoire », y martèle-t-on.

Un historique récent

En juin 2018, Martine Ouellet avait annoncé sa démission du poste de chef du Bloc québécois, lors d’un point de presse à Montréal, au lendemain d’un vote de confiance où à peine 32 % des militants bloquistes avaient voté en sa faveur, contre 65 % des membres qui s’y étaient opposés.

En mars de la même année, sept députés du Bloc avaient démissionné du parti, reprochant à Mme Ouellet son attitude intransigeante et sa vision dogmatique de la défense de la souveraineté.

« Ça fait plus de 30 ans que je fais de la politique, je vais continuer. Rien n’est terminé pour moi », avait alors soutenu la principale intéressée devant les médias, en remettant officiellement sa démission.

Rappelons que Martine Ouellet a d’abord été élue députée de Vachon à l’Assemblée nationale en 2010, avec le Parti québécois. Elle s’est retirée du caucus péquiste en 2017 pour faire le saut sur la scène politique fédérale.