(Québec) Les militants péquistes réunis en Conseil national dimanche ont voté à 94 % pour une proposition du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) afin que la loi 101 soit appliquée au cégep.

Mis à jour le 18 avr. 2021
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Cette proposition, qui a obtenu l’appui samedi du chef Paul St-Pierre Plamondon, a été adoptée sans débat. Si elle était mise en place par un gouvernement péquiste, elle impliquerait que les francophones et les allophones ne pourraient plus étudier dans le réseau collégial public anglophone.

« Le déclin de la langue française au Québec est une réalité. […] On vient de se doter d’un plan concret qui nous place comme la formation politique au Québec qui exerce du leadership et qui prend l’initiative […] d’inverser une tendance lourde », a déclaré dans son discours de clôture M. St-Pierre Plamondon.

Les militants péquistes se réuniront à l’automne prochain en congrès afin d’entériner la proposition et de l’inclure dans le programme électoral du parti. Il s’agit d’un changement de cap pour les péquistes, qui avaient rejeté cette idée lors de la dernière campagne électorale.

Sept des huit députés du parti à l’Assemblée nationale ont appuyé la proposition des jeunes péquistes. Véronique Hivon, qui n’avait pas encore fait connaître sa position, s’est finalement ralliée, mais le député de Bonaventure, Sylvain Roy, a fait connaître son opposition au Devoir.

Position face au gouvernement

Paul St-Pierre Plamondon a rappelé dimanche que l’aile parlementaire péquiste présenterait dans les prochaines semaines un projet de loi pour mieux protéger le français au Québec.

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a aussi promis qu’il déposerait ce printemps un plan « costaud » en ce sens. Le premier ministre François Legault a par contre affirmé par le passé que son gouvernement n’imposerait pas la loi 101 au cégep.

Le chef péquiste a ciblé « quatre planchers » que Québec doit atteindre s’il souhaite obtenir l’appui du troisième groupe d’opposition. M. St-Pierre Plamondon souhaite désormais que le gouvernement impose la loi 101 au cégep, qu’il instaure un examen uniforme de français langue seconde aux étudiants anglophones qui souhaitent obtenir un diplôme d’études collégiales, qu’il impose la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés, ainsi qu’aux entreprises à charte fédérale, et qu’il privilégie l’immigration francophone.

Ton envers le Canada

Dans son discours de clôture, dimanche, Paul St-Pierre Plamondon a dénoncé l’attitude « arrogante » du gouvernement fédéral qui menace, selon lui, les intérêts du Québec. Au cours des prochains mois, le chef péquiste entend profiter de l’après-crise sanitaire pour démontrer les limites du fédéralisme canadien, un thème qui a été abordé par les militants au cours du week-end.

Le chef du Parti québécois a affirmé dimanche que le Canada était pour lui un « cancre » en matière de protection de l’environnement et de protection de la langue française. Le Canada ferait aussi preuve de « moralisme » sur ces questions, pour lesquelles il est au niveau de l’« incompétence », a-t-il dit.

Pour M. St-Pierre Plamondon, les mots utilisés dans son discours en parlant du Canada « ne sont pas […] trop chargés par rapport aux faits qui se vérifient », a-t-il dit. Le chef péquiste se défend de faire du bashing contre le Canada pour promouvoir la souveraineté, alors qu’il dénonce fréquemment lui-même les épisodes de Québec bashing, où des commentateurs émettent des généralités sur le Québec afin de le rabaisser.

Avec La Presse Canadienne