(Québec) Paul St-Pierre Plamondon affirme que les jeunes péquistes « ont fait valoir des arguments convaincants » pour étendre la loi 101 au cégep, ce qui explique qu’il change de cap sur le sujet, appuyant à son tour l’idée. Les militants trancheront la question ce dimanche.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Au premier jour d’un Conseil national (virtuel) qui met la table aux thèmes qui seront débattus l’automne prochain pour définir son programme électoral, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s’est défendu de jouer au yoyo sur l’enjeu de la protection du français.

En mars 2020, avant la pandémie, les jeunes péquistes avaient adopté une résolution pour que le Parti québécois propose d’imposer la loi 101 au cégep, ce qui implique que les francophones et les allophones ne puissent plus étudier dans le réseau collégial public anglophone.

Cette résolution des jeunes militants, adoptée pendant la course à la direction du parti, n’avait pas fait changer d’idée M. St-Pierre Plamondon, alors candidat à la succession de Jean-François Lisée. Ce dernier proposait plutôt de réduire le financement des cégeps anglophones. Il a toutefois affirmé samedi qu’il n’avait jamais exclu d’étendre la loi 101 au cégep pendant la course.

« Un parti démocratique »

Encore récemment, alors qu’il dévoilait à La Presse que le PQ déposerait un projet de loi pour réformer la Charte de la langue française, le chef péquiste réitérait qu’il n’entendait pas imposer la loi 101 au réseau collégial. Mais le Parti québécois « est un parti démocratique, [et] les jeunes ont fait valoir des arguments qui sont convaincants », a-t-il soutenu.

« Tout projet de loi sera incomplet s’il n’assure pas que le français demeure » la langue d’enseignement pour les francophones et les allophones, a d’ailleurs plaidé samedi la présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), Marie-Laurence Desgagné.

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Marie-Laurence Desgagné, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

Les militants péquistes trancheront la question ce dimanche. Paul St-Pierre Plamondon a affirmé qu’il n’imposerait pas de ligne de conduite à son aile parlementaire sur le sujet, alors que d’anciens chefs péquistes s’étaient opposés à l’imposition de la loi 101 au cégep.

Selon M. St-Pierre Plamondon, la situation linguistique est inquiétante et « l’anglicisation des francophones et des allophones n’est pas une réponse adéquate ». Il met de l’avant cet enjeu au Conseil national du PQ alors que le gouvernement de la Coalition avenir Québec déposera dans les prochaines semaines sa propre réforme de la Charte de la langue française. Le premier ministre François Legault a affirmé par le passé qu’il excluait d’imposer la loi 101 au cégep.