(Québec) Le gouvernement Legault défend le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, que l’opposition accuse d’avoir « menti » en affirmant que le protocole des tests de qualité de l’air dans les écoles avait été approuvé par la Santé publique.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

L’enjeu a suscité de vifs échanges, jeudi, à la période de questions. À un moment, la députée libérale Marwah Rizqy a souligné que M. Roberge était absent du Salon bleu, une information qu’on ne peut dire en chambre selon les règles parlementaires. Face à cet accroc, le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a crié son mécontentement, ce qui a mené ensuite à une escarmouche sur des questions de procédures.

François Legault a ensuite affirmé sans détour qu’il faisait toujours confiance à son ministre de l’Éducation, absent de la période de questions parce qu’il mène un sommet sur la réussite éducative à huis clos. Le premier ministre, talonné sur le sujet par le chef parlementaire péquiste Pascal Bérubé, a déposé des documents qui prouvent selon lui que M. Roberge et son cabinet ont consulté les experts en santé publique.

Ces documents présentent des réponses fournies par le DRichard Massé, conseiller médical stratégique du cabinet du directeur national de santé publique, DHoracio Arruda. Québec assure que leurs recommandations ont été suivies.

Radio-Canada rapportait jeudi que Jean-François Roberge n’avait jamais validé la méthode utilisée pour mesurer la qualité de l’air dans les classes. Cette question revient sans cesse dans l’actualité, alors que des éclosions à la COVID-19 prennent parfois racine dans les écoles.

Selon le diffuseur public, la Direction générale de la santé publique aurait même dénoncé au gouvernement qu’on lui attribue à tort une validation du protocole mis en place par Québec.

La démission de Roberge réclamée

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Dominique Anglade

La cheffe de l’opposition officielle Dominique Anglade réclame la démission de Jean-François Roberge à titre de ministre de l’Éducation. Elle estime que M. Roberge a menti aux Québécois lorsqu’il a affirmé à tort avoir la validation de la santé publique pour les tests de CO2 dans les écoles.

« Le ministre a menti quant aux avis publics concernant les tests de CO2 dans les écoles, a déclaré jeudi Mme Anglade en point de presse à l’Assemblée nationale.

Jean-François Roberge et le ministère de l’Éducation ont affirmé à plusieurs reprises que la Santé publique avait validé leur méthode pour échantillonner la qualité de l’air dans les classes.

« Je crois que le ministre vient réellement de signer sa lettre de démission et qu’il doit quitter ses fonctions, point. »

Le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, croit également que M. Roberge a menti « aux familles, au public et aux parlementaires ».

« Le chat sort du sac, a-t-il déclaré. Ce que Jean-François Roberge a fait, c’est très grave. Il a instrumentalisé la santé publique pour couvrir sa propre négligence dans le dossier de la qualité de l’air. » M. Nadeau-Dubois n’a pas réclamé la démission du ministre.

Il a plutôt demandé au gouvernement de « corriger cette erreur-là » en adoptant une motion de QS exigeant l’installation de détecteurs de CO2 dans toutes les classes du Québec.

« Jean-François Roberge peut démissionner s’il le veut, il peut garder sa job, il peut prendre la fin de semaine pour y penser ou une année sabbatique, moi, ça ne me dérange pas.

« Ce que je veux, c’est que l’air que nos enfants respirent ne leur donne pas la COVID », a-t-il déclaré.

Du côté du Parti québécois, le député Joël Arseneau a affirmé qu'on « peut dire que [Jean-François Roberge] a pris des libertés avec la vérité et qu'il a induit les gens en erreur ».

-Avec La Presse Canadienne