(Ottawa) La pression s’accentue sur le gouvernement Trudeau pour qu’il prenne position et demande le déménagement des Jeux de Pékin de 2022.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Les partis de l’opposition à Ottawa le demandent désormais d’une seule voix : les Jeux olympiques d’hiver doivent se tenir ailleurs qu’en Chine, où le régime est accusé de se livrer à un génocide contre la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang.

Le chef de l’opposition officielle, Erin O’Toole en a fait la requête officiellement mardi matin. « Il est temps pour le Canada de demander au Comité international olympique [CIO] de relocaliser les Jeux de 2022 hors de Chine. Le Canada a le devoir d’agir », a-t-il déclaré en conférence de presse.

« Je veux être clair. Il y a présentement un génocide en Chine. C’est un fait. Le Canada ne doit pas envoyer d’athlètes en Chine. Il ne doit pas encourager ce génocide », a-t-il poursuivi en interpellant directement le premier ministre Justin Trudeau.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est dit « tout à fait d’accord » en se pointant au micro plus tard.

Invité à se prononcer sur la demande de l’opposition en marge d’une annonce, Justin Trudeau a esquivé. Il n’a pas non plus voulu dire si ce qui se passe actuellement en Chine constituait, à ses yeux, un génocide. Il a insisté sur l’importance de ne pas employer le terme à la légère et « minimiser » ceux du passé.

Lors de la période des questions en Chambre, le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, ne s’est pas plus avancé. La veille, en entrevue sur les ondes de CBC, il avait dit que le gouvernement n’avait pas encore décidé s’il enverrait un représentant aux Jeux de Pékin.

Le gouvernement chinois nie catégoriquement les accusations de génocide qui ont été formulées à son égard. De nombreux reportages ont fait état de campagne de stérilisation massive, de viols et de torture contre cette population de confession musulmane du nord-ouest du pays.

Dans une lettre parue le 6 février dernier, des élus de toutes les formations politiques à Ottawa et à Québec, des organisations humanitaires ainsi que l’ex-Olympien Jean-Luc Brassard ont exigé du Comité international olympique qu’il déplace les Jeux si la Chine « continue dans son délire génocidaire ».

L’initiative venait du député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe. L’élu compte déposer prochainement une motion en Chambre pour forcer la main des libéraux et enjoindre le gouvernement à demander au CIO de déplacer les Jeux de Pékin.

Des appels à un boycottage pur et simple des Jeux de 2022 ont commencé à se faire entendre ces derniers temps – une option que le Comité olympique canadien et le Comité paralympique canadien ont balayée d’un revers de main.

La Chine a été l’hôte des Jeux d’été de 2008. À l’époque, la communauté internationale était préoccupée par la répression des Tibétains. Si le Canada avait résisté à un boycottage, le premier ministre Stephen Harper avait refusé de se présenter à la cérémonie d’ouverture.