(Québec) Le mystère plane autour de la rentrée parlementaire du 2 février à l’Assemblée nationale. Sera-t-elle totalement virtuelle ou est-ce que les élus seront présents en chair et en os au parlement ?

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

Nul ne peut répondre à cette question pour l’instant.

Aucune entente n’est encore intervenue entre le leader du gouvernement en Chambre, le ministre Simon Jolin-Barrette, et les leaders des trois partis d’opposition, ont indiqué vendredi des sources impliquées dans ces négociations.

Les canaux de communication ne sont pas rompus, les tractations se poursuivent en vue de déterminer quelle forme devra prendre le retour des parlementaires, mais les élus des deux côtés de la Chambre demeurent fermes sur leurs positions.

Le gouvernement souhaite une rentrée totalement virtuelle, tandis que les partis d’opposition insistent pour être physiquement au Salon bleu, au moins pour la portion des travaux parlementaires qui leur permet de réclamer au gouvernement qu’il rende des comptes et réponde à leurs questions, comme c’était le cas à l’automne.

Les écoles sont ouvertes, l’industrie de la construction fonctionne, le Canadien de Montréal a recommencé à chausser ses patins, alors en vertu de quel principe le parlement, siège de la démocratie québécoise, devrait-il fermer ses portes complètement ? C’est, en substance, la question qui est sur toutes les lèvres, dans les rangs de l’opposition.

En début de semaine, une rencontre prévue entre les leaders parlementaires et la Santé publique devrait, espère-t-on, permettre de dénouer l’impasse, en trouvant un compromis entre le désir des élus de croiser le fer au parlement et l’objectif de tenir compte des recommandations sanitaires.

Les partis d’opposition se disent prêts à envisager un resserrement des mesures sanitaires, si le gouvernement, de son côté, met de l’eau dans son vin et assure une présence physique des élus à l’Assemblée nationale pour une partie des travaux parlementaires.

Au cours de la dernière semaine, deux consultations ont été menées sur des projets de loi et tout s’est passé sur le mode virtuel. Les projets de loi 59, sur la santé et la sécurité au travail, et 84, sur une réforme du programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels, ont été critiqués, analysés sous toutes leurs coutures, sans que personne ne se pointe au parlement. On n’a noté aucun pépin technique majeur.

Les partis d’opposition seraient donc prêts à accepter que les futures consultations sur les projets de loi et, dans l’ensemble, les travaux en commission parlementaire continuent à fonctionner de cette façon.

Une des craintes de l’opposition consiste à penser que le gouvernement pourrait prendre prétexte de la pandémie et de l’imposition des mesures sanitaires pour chercher à se défiler, en mettant de côté son obligation de rendre des comptes à l’opposition sur sa gestion.

Le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, n’a pas donné suite à une demande d’entrevue.

Déjà, depuis le printemps, des mesures strictes sont appliquées. Les 125 députés ne sont plus jamais en même temps au Salon bleu, qui fonctionne en formation très réduite. Moins d’une quarantaine d’élus sont autorisés à être présents au même moment, à bonne distance les uns des autres.

Depuis le 18 juillet, toute personne présente dans les édifices de l’Assemblée nationale doit obligatoirement porter un masque.

En fait, depuis le début de la pandémie, en mars, le parlement est pratiquement désert : la plupart des employés de l’Assemblée nationale sont en télétravail. Le parlement est fermé aux visiteurs.

Aucune éclosion de COVID-19 n’a été rapportée à l’Assemblée nationale.