(Québec) « Il va falloir que ça arrête », a lancé mercredi le premier ministre François Legault, en invitant les médias à une réflexion sérieuse.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Il était en colère contre une manchette du Journal de Montréal qui affirmait que son gouvernement avait accordé des fonds à son ami Charles Sirois, un homme d’affaires cofondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ). Il n’écarte pas de poursuivre le média.

En mêlée de presse après une réunion de son cabinet, M. Legault n’a pas démenti les informations factuelles dans l’article. Ainsi, Investissement Québec a bel et bien pris une participation de 5 millions dans une entreprise dont M. Sirois est copropriétaire.

Visiblement exaspéré, le premier ministre s’est toutefois insurgé contre les liens qui peuvent être faits, selon lui. Le financement a été accordé en vertu d’un programme normé et il assure qu’il n’était pas au courant.

« C’est blessant […], je pense qu’on doit avoir une réflexion sur ce genre d’article à répétition », a-t-il déclaré, en suggérant que la réflexion devrait porter sur « faire de l’information et ne pas laisser entendre des choses qui sont gratuites et non fondées ».

Aucun traitement de faveur n’a été accordé, a insisté M. Legault, en laissant entendre que des responsables au Journal de Montréal avaient intérêt à faire des sous-entendus.

« Il y a une erreur de fait, soit faire le lien entre un montant donné par le gouvernement, et le fait que ce soit un ami. La personne qui a écrit ça, ou la personne qui a laissé passer ça dans le journal, sait très bien ce qu’elle faisait. »

Le chef caquiste a tenu à défendre fermement son intégrité, mais aussi, il a fait référence aux conséquences de ce genre de manchettes. Il soutient qu’il est ainsi plus difficile de recruter des hommes et des femmes pour se lancer en politique. Et il a même évoqué des répercussions dans sa vie personnelle et familiale.

« Comment voulez-vous attirer des gens en politique ? Qu’est-ce que je suis censé dire à ma mère de 91 ans qui lit ça ? Que dois-je dire à mes deux fils à qui j’essaie d’enseigner l’intégrité et qui lisent que mon gouvernement a donné 5 millions à un de mes amis ? »