Dans la foulée d’une autre fuite massive de renseignements personnels au gouvernement, Québec solidaire demande des comptes au ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire.

La Presse canadienne

Le député solidaire Vincent Marissal souhaite faire comparaître devant la commission des finances publiques le ministre Caire et la dirigeante principale de l’information Catherine Desgagnés-Belzil, grande patronne de l’informatique au gouvernement.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, M. Marissal a soulevé des questions sur la fiabilité des systèmes informatiques gouvernementaux, après l’annonce d’un vol de données personnelles qui pourrait avoir touché jusqu’à 360 000 enseignants, tant actuels que retraités.

Le Conseil du Trésor en a fait l’annonce vendredi après-midi, disant avoir pourtant obtenu dès mercredi la confirmation que des données avaient été compromises. Un communiqué a pointé du doigt « l’utilisation frauduleuse d’un mot de passe et d’un code d’accès » dérobés, en lien avec plusieurs vols d’identité signalés il y a deux ans et qui avaient conduit à deux arrestations au printemps dernier.

Il ne s’agit pas de la première fois que la sécurité des systèmes informatiques fait défaut au gouvernement, rappelle M. Marissal, qui cite en exemple des failles aux ministères de l’Environnement ainsi que des Ressources naturelles.

Un épisode similaire a été rapporté l’été dernier à Revenu Québec, soit une fuite majeure des données personnelles de ses propres employés, d’anciens employés et de personnes ayant eu des liens contractuels avec le bureau du fisc québécois.

« Comment se fait-il que les fuites se multiplient ? Est-ce qu’on a des mauvais protocoles ? Est-ce qu’on fait affaire avec des logiciels dépassés ? » demande M. Marissal.

« Ce n’est pas de la plus grande transparence. Ce qui devient aussi agaçant là-dedans, c’est que le gouvernement semble minimiser l’ampleur du phénomène et les dangers pour les victimes. On nous dit constamment : “Soyez patients, on va légiférer”. »

Il reproche au gouvernement d’avoir « dormi sur la nouvelle » touchant pourtant des centaines de milliers d’enseignants, dans ce qui ressemble à une « tentative de camouflage ».

« On n’est pas à une époque où l’on peut jouer avec les données du monde comme ça. C’est trop important. Ça arrive trop souvent », insiste-t-il.