(Saint-Sauveur) Le premier ministre François Legault n’avait jamais lu autant de messages haineux sur sa page Facebook que mercredi soir, mais « il ne faut pas dramatiser » l’ampleur du phénomène selon lui. Il attend les suggestions pour lutter contre les propos intolérants, soulignant que ce n’est « pas simple de trouver des solutions ».

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

« C’est vraiment une très très petite minorité, moins qu’ailleurs dans le monde, ces gens-là qui sont intolérants, qui tiennent des propos haineux », a-t-il plaidé vendredi. « C’est malheureux. Un, c’est un de trop, mais il ne faut pas non plus généraliser ». Il a martelé que « le peuple québécois est l’un des peuples les plus respectueux des autres, l’un des peuples les plus accueillants ».

En conférence de presse au terme de la réunion de son caucus, M. Legault a révélé qu’il avait commencé à supprimer lui-même les messages haineux qui se sont retrouvés sur sa page Facebook mercredi. Ce soir-là, il venait de participer à la commémoration de l’attentat survenu à la Grande Mosquée de Québec et avait écrit un statut Facebook pour témoigner de sa compassion.

« Mercredi soir, j’ai commencé à le faire moi-même », supprimer des messages. « Je n’ai pas aimé ce que j’ai vu honnêtement », a-t-il ajouté, visiblement ébranlé. « Puis j’ai demandé à des gens, parce que je dois dormir, de continuer le travail. Je pense que nous devons supprimer ces messages aussitôt que possible. »

Des messages haineux, « c’est la première fois que j’en voyais autant ». Mais il a ajouté qu’il est difficile de savoir si ce sont les mêmes personnes qui, sous différentes identités, écrivent des messages.

Le premier ministre a indiqué que son équipe n’a transmis aucun message aux autorités policières.

L’automne dernier, François Legault avait présenté sa page Facebook comme un baromètre de l’opinion publique au Québec. « Si vous regardez ma page Facebook, je peux dire que 90 % des gens appuient ce que fait le gouvernement » au sujet de la réforme de l’immigration, avait-il déclaré aux journalistes.

Mais ce qu’on a pu y voir mercredi soir n’est pas représentatif du Québec, selon lui. « Il ne faut pas dramatiser », a-t-il soutenu. « Je suis convaincu que c’est une très petite minorité qui se cache derrière les réseaux sociaux pour avoir des propos haineux. C’est mon devoir comme premier ministre de dénoncer ces messages. C’est inacceptable ». Mais selon lui, « il ne faut pas dramatiser ».

« Ne laissons pas quelques personnes changer le vivre-ensemble qu’on a, qui est envié partout dans le monde, cette paix sociale qu’on a au Québec », a-t-il ajouté. Ces personnes intolérantes « ont peur d’avoir peur, ont peur de la nouveauté, peur du changement, mais […] il y en a moins (au Québec) qu’ailleurs ».

Questionné au sujet de la recommandation de la Commission des droits de la personne visant à adopter une politique pour lutter contre le phénomène, M. Legault a paru bien peu enthousiaste. « Je ne pense pas que par une loi on peut empêcher » des personnes intolérantes de s’exprimer. « S’il y en a qui ont des propositions, je suis ouvert aux propositions », a-t-il dit. Il a évoqué une hausse de la surveillance des réseaux sociaux par les policiers.