(Ottawa) Le Bloc québécois a dévoilé un plan de relance en vue de l’après-pandémie aux allures de plateforme électorale.

Catherine Lévesque
La Presse Canadienne

Intitulé « Le Québec choisit. Le Bloc agit », le document d’une vingtaine de pages aborde à la fois des enjeux de santé, de finances publiques et de lutte aux changements climatiques. Il a été réalisé après des tournées estivales du Bloc aux quatre coins du Québec.

« Le plan de relance post-COVID du Bloc québécois vient des régions du Québec. Et on a bon espoir que les gens des régions du Québec vont se reconnaître dans ce plan », s’est targué le chef Yves-François Blanchet, lors d’une conférence de presse lundi matin à Gatineau.

Il devait être rendu public il y a deux semaines, avant le discours du Trône, mais l’isolement préventif de la quasi-totalité des députés bloquistes et le test positif de leur chef sont venus compliquer les choses.

Faisant fi de ces délais, M. Blanchet a présenté le document préparé par son parti comme étant « infiniment plus précis que le discours du Trône » et a invité les autres formations politiques à s’en inspirer librement.

« Relance verte »

Le Bloc réclame de « mettre fin au modèle de dépendance aux hydrocarbures afin, au contraire, de favoriser la transformation au Québec de nos richesses », peut-on lire.

Il est proposé d’« investir dans la transformation au Québec des richesses naturelles et la mise en valeur de l’environnement au Québec », comme les énergies renouvelables, la forêt, la gestion des eaux usées et la recherche et le développement. De l’argent devra notamment être injecté pour favoriser l’électrification des transports et faciliter l’achat de véhicules zéro émission ou hybrides.

En contrepartie, Ottawa devra cesser d’investir, par le biais de subventions ou d’avantages fiscaux, dans les énergies fossiles de l’Ouest canadien. Le Bloc soutiendrait cependant une « aide importante » pour aider l’Alberta à transiter vers un « modèle de création de richesse durable ».

Santé

Le Bloc souhaite la création d’une commission d’enquête sur la pandémie, « afin notamment d’évaluer le niveau de préparation du gouvernement fédéral, son niveau d’arrimage avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que l’efficacité dans le détail de sa réponse économique ».

Sans surprise, le Bloc se rallie à la demande des provinces et exige que le gouvernement fédéral augmente, sans condition, sa contribution dans les transferts en santé afin qu’elle couvre 35 % des dépenses totales.

Finances publiques

Le Bloc demande au gouvernement fédéral de « fournir des projections des finances publiques pour les trois prochaines années dès la rentrée parlementaire », avec le dépôt d’un budget. Il est prévu, pour le moment, qu’une mise à jour économique soit déposée cet automne.

Dans la colonne des nouveaux revenus, le Bloc propose de mettre fin à l’évitement fiscal par les grandes entreprises et à forcer les géants du web à percevoir la TPS sur leurs services.

Aînés

Le Bloc voudrait « augmenter de façon permanente la Sécurité de vieillesse de 110 $ par mois dès 65 ans et adapter le supplément de revenu garanti pour ne pénaliser personne ». Pour l’instant, Ottawa compte bonifier la pension pour les aînés de 75 ans et plus seulement.

Il est proposé aussi d’octroyer automatiquement le crédit d’impôt pour soins à domicile, comme le fait Québec.

Économie et infrastructures

Le Bloc suggère non seulement d’offrir un soutien financier ciblé pour le domaine de l’aérospatiale, mais de mettre en œuvre une stratégie nationale pour aider ce secteur.

Il demande également au gouvernement fédéral de dépenser 1 % de ses revenus en logement.

Les fleurons québécois affaiblis par la pandémie devraient être protégés contre les prises de contrôle étrangères, selon le Bloc, en utilisant plus activement la Loi sur Investissement Canada et en entamant des négociations avec Québec pour modifier la Loi sur les sociétés par actions.