(Ottawa) Le gouvernement fédéral souhaite faire d’une pierre deux coups avec une enveloppe de 10 millions de dollars destinée à deux victimes québécoises que la pandémie de COVID-19 a particulièrement amochées : les PME et les femmes.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

L’argent en provenance ira à une trentaine d’initiatives entrepreneuriales québécoises qui sont pilotées par des femmes.

Parmi les principaux bénéficiaires figurent Galenova, société spécialisée en distribution pharmaceutique, et Keliplant, qui œuvre dans l’agroalimentaire. Chacune obtient 1 million de dollars.

C’est un peu moins que l’Association des femmes autochtones du Canada, qui recevra la somme la plus élevée, soit 1,2 million de dollars.

La ministre du Développement économique, Mélanie Joly annoncera ces investissements mercredi, à Montréal, en compagnie de sa collègue à la Petite entreprise, Mary Ng.

« La pandémie de la COVID-19 a exposé des inégalités qui existaient dans notre société depuis trop longtemps. En tant que femme d’affaires, je suis consciente des obstacles que les femmes entrepreneures devaient surmonter avant la crise et je ne peux qu’imaginer ce qu’elles ont dû traverser dans les derniers mois », a déclaré la ministre Joly.

« La reprise, et donc le Canada que nous voulons rebâtir, doit saluer leur résilience et trouver des solutions. Le financement d’aujourd’hui [mercredi] s’inscrit précisément dans cette volonté », a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise à La Presse.

Les libéraux ont fait de l’entrepreneuriat féminin un dossier d’importance depuis leur arrivée au pouvoir, mais encore plus depuis que la COVID-19 a frappé.

La crise sanitaire a eu un impact économique disproportionné sur les femmes, pour une multitude de raisons.

Une étude publiée à la mi-juillet par la Banque Royale concluait que la participation des femmes au marché du travail avait reculé à son plus bas niveau en plus de 30 ans.

Au mois d’avril 2020, il s’établissait ainsi à 55 %, alors qu’il était à 61,3 % en janvier, en raison de la perte de 1,5 million d’emplois pour les femmes.

Et il sera plus dur pour les femmes de se relever étant donné qu’« elles occupent une place prépondérante dans les secteurs les plus touchés », prévenait-on dans le rapport.

Contrer la she-cession

Le terme she-cession (mot-valise fusionnant le pronom « elle » et la fin du mot « récession ») fait d’ailleurs partie du vocabulaire de la ministre des Finances Chrystia Freeland.

L’un des remèdes que voudrait prescrire le gouvernement Trudeau ? L’injection d’argent pour des places en garderie à travers le pays.

Car alors que les mesures de lutte contre le virus sont assouplies, « il sera impossible de rentrer au travail pour des mères sans place en garderie », disait Mme Freeland en juin.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, compte bien tester les intentions libérales en cette matière.

Il demande au gouvernement de transférer 10 milliards de dollars aux provinces afin de leur permettre de financer la création de nouvelles places.

Une requête qui prend son importance alors que les libéraux échafaudent leur discours du Trône, et qu’ils ont besoin de l’appui d’au moins un parti pour survivre à Ottawa.