(Ottawa) Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a nié en bloc mercredi des allégations de nature sexuelle qui ont été formulées à son endroit de façon anonyme sur une page Facebook, mardi soir. Quant à ses adversaires politiques, ils sont demeurés prudents au moment d’y réagir.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, nie sans équivoque les gestes allégués. Il invite la personne ayant publié les allégations à porter plainte aux autorités compétentes », a déclaré son attachée de presse Carolane Landry par voie de communiqué, mercredi.

« Le chef du Bloc québécois souhaite toujours que la justice puisse être interpellée afin de protéger de réelles victimes de gestes criminels. Yves-François Blanchet donnera suite à ses activités professionnelles. Aucun autre commentaire ne sera émis », a-t-elle ajouté.

Les gestes allégués qu’il réfute auraient été faits dans un bar de Montréal il y a une vingtaine d’années, alors qu’Yves-François Blanchet n’était pas encore en politique, mais plutôt l’agent du chanteur Éric Lapointe. Il n’a pas été possible de corroborer ce récit, qui a été partagé et commenté des centaines de fois.

Les gestionnaires de la page Facebook « Hyènes en jupons », où ces allégations ont été publiées, ont indiqué dans un courriel envoyé à La Presse que, « pour des raisons de sécurité, nous ne conservons pas les identités des personnes qui nous envoient leur témoignage ».

Le doyen du caucus bloquiste, Louis Plamondon, s’est rallié derrière son chef… et il s’est abstenu de dire le fond de sa pensée sur la manière dont les allégations ont été rendues publiques.

« Je n’ai pas l’habitude de commenter les lynchages sur Facebook et les saletés dites sur Facebook […], mais je peux vous dire que j’ai toujours aussi confiance en mon chef, et je suis très satisfait de la déclaration très claire qu’il a faite », a-t-il affirmé à La Presse.

Réactions

Au bureau du premier ministre Justin Trudeau, on n’a pas voulu commenter l’affaire.

En revanche, on nous a dirigés vers un gazouillis de la ministre Mélanie Joly. « À tous celles et ceux qui ont été victimes de harcèlement ou de violence sexuelle, je vous entends et je vous comprends. Il faut du courage pour dénoncer », a écrit celle-ci en fournissant un lien vers un site de ressources.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est pour sa part dit remué par ce qu’il a lu.

« C’est un récit troublant, et j’ai toujours été d’avis que toutes allégations doivent être prises au sérieux. On voit présentement au Québec une vague de dénonciations demandant beaucoup de courage et démontrant le manque de confiance qu’ont les victimes en notre système. Il les décourage à porter plainte, alors il faut écouter, d’abord, et changer concrètement et profondément cette culture du silence », a-t-il soutenu dans une déclaration transmise par son parti.

Le Parti conservateur et le Parti vert n’ont pas voulu faire de commentaires.