(Québec) Organiser une course à la direction, récolter des signatures de membres pour s’y présenter et se faire élire dans le contexte où les rassemblements sont interdits. Les candidats qui veulent devenir chef du Parti québécois (PQ) préparent la reprise de leur course dans des conditions extraordinaires, alors que l’élection du prochain chef pourrait être reportée au 9 octobre prochain.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Selon les informations récoltées par La Presse, l’exécutif national du PQ soumettra jeudi à la conférence de coordination un nouveau calendrier pour la reprise de la course, qui se terminerait désormais à l’automne. Avant la pandémie de COVID-19, le successeur de Jean-François Lisée devait être élu en juin. La date a depuis été repoussée au 28 août. Il s’agirait d’un deuxième report.

À l’heure actuelle, six candidats ont officiellement déclaré leur intérêt pour se lancer dans la course. Il s’agit de l’humoriste Guy Nantel, du député Sylvain Gaudreault, de l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, de l’enseignant en histoire Frédéric Bastien, ainsi que de l’avocate Gloriane Blais et de l’homme d’affaires Laurent Vézina.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Gloriane Blais

Si le nouveau calendrier est adopté par la conférence de coordination (l’instance chargée d’établir les règles de la course), les candidats reprendraient la collecte des signatures de membres le 5 juin prochain. Ils auraient alors 21 jours pour se qualifier aux règles de la course, qui prévoit entre autres qu’ils obtiennent l’appui de 2000 membres provenant d’au moins 9 régions administratives et d’un minimum de 50 associations locales, entre autres.

Des règles assouplies ?

Lors de la course précédente, en 2016, le parti ne réclamait que 1500 signatures de membres. Dans le contexte de la COVID-19, certains candidats souhaiteraient qu’on révise le nombre de signatures à la baisse, soulignant entre autres que certains militants ont depuis migré vers le Bloc québécois ou vers la Coalition avenir Québec (CAQ).

Ce n’est toutefois pas l’option qu’aurait privilégiée l’exécutif national dans sa proposition. Les candidats à la direction du parti auraient toutefois la flexibilité de remettre les signatures qu’ils récoltent de façon électronique, alors qu’ils doivent limiter comme tout le monde leurs déplacements entre les régions.

Dans tous les cas, Frédéric Bastien souhaite un mouvement de solidarité entre les aspirants chefs pour qu’on s’assure que ceux qui pourraient répondre aux critères en temps normal puissent le faire en cette ère de pandémie.

Étant donné la crise de la COVID-19, j’espère que les membres vont signer les bulletins de [tous les candidats] pour qu’on ait une belle et une vraie course. Il ne faut pas que le [coronavirus] élimine du monde qui se serait qualifié autrement.

Frédéric Bastien, en entrevue avec La Presse

Il y a quelques jours, la COVID-19 a notamment mis un terme à la course du Parti libéral du Québec, après qu’Alexandre Cusson s’est désisté en affirmant qu’il était difficile de mener une course à terme dans le contexte actuel. Au Parti québécois, on s’attend à ce que la course ait véritablement lieu, COVID-19 ou non.

Obligé d’innover

Paul St-Pierre Plamondon affirme que les candidats à la course ont l’obligation « de la rendre la plus excitante possible », même si le coronavirus rend leur tâche plus difficile. Chose certaine, l’aspirant chef estime que les Québécois « ont soif de regarder vers l’avenir » et sont prêts à écouter ce qui se discutera pendant la course.

« On va pouvoir voir le potentiel d’innovation de chaque candidat dans leur manière d’intéresser la population [aux sujets de débat] et d’innover. Nous, on a l’intention d’être très créatifs », promet-il.

Sylvain Gaudreault, qui est député de Jonquière, entend lui aussi multiplier les événements sur les plateformes numériques. Mais Zoom et les autres applications de ce genre ont leurs limites.

« Il faut penser à une formule virtuelle, mais il reste que le débat peut aussi se vivre à travers les médias », affirme-t-il.

Le PQ prévoit toujours pour l’instant deux débats d’ici octobre entre ses candidats. La conférence de coordination tranchera aussi sur cette question jeudi. Jusqu’à tout récemment, l’ex-députée de Québec Agnès Maltais agissait à titre de présidente d’élection. Maintenant qu’elle a quitté son poste, le président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, prendrait le relais pour la suite de la course.