(Ottawa) S’il est élu chef du Parti conservateur, Peter MacKay a l’intention de renvoyer les Canadiens aux urnes dès octobre prochain.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Si les militants du parti l’élisent à la tête du parti le 27 juin prochain, Peter MacKay ne perdra pas de temps pour tenter de renverser le gouvernement Trudeau.

« Sous ma direction, nos députés déposeront une motion de censure à la Chambre des communes. Nous renverserons le gouvernement libéral minoritaire dès que possible », a-t-il prévenu dans un courriel de financement envoyé lundi.

« Nous avons besoin d’une élection en octobre », car « les Canadiens n’ont plus confiance en leur gouvernement », tranche Peter MacKay, citant comme motifs de cette perte de confiance les « manifestations, fermetures, décroissance économique, pertes d’emplois ».

L’ancien ministre de la Justice et de la Défense est largement considéré comme le favori dans cette course à la direction.

Selon la liste de candidats rendue publique samedi, huit candidats au total briguent le poste.

Les aspirants sont les députés Erin O’Toole, Marilyn Gladu et Derek Sloan, l’attaché politique Rudy Husny, l’homme d’affaires Rick Peterson, l’avocate Leslyn Lewis ainsi que l’ingénieur Jim Karahalios.

Avant Peter MacKay, la députée Marilyn Gladu avait déjà fait part de son intention de faire chasser les libéraux au plus vite.

« Si je suis élue leader conservatrice, mon premier geste sera d’inviter les autres partis d’opposition de se joindre à nous pour faire tomber ce gouvernement », signalait-elle sur sa page Facebook le 24 février dernier.

Renverser le gouvernement de Justin Trudeau nécessiterait l’appui d’un nombre significatif de députés en Chambre.

Mathématiquement, les conservateurs (121 élus) ne pourraient y parvenir sans l’appui combiné des bloquistes (32 élus) et des néo-démocrates (24 élus), puisqu’un nombre de 170 votes est requis pour l’adoption d’une motion ou d’un projet de loi.

Il y a quelques jours, le chef par intérim Andrew Scheer a inscrit au feuilleton une motion de censure à l’endroit du gouvernement.

Il ne l’a finalement pas utilisée ; sa manœuvre a par ailleurs été jugée non crédible par les autres chefs d’opposition.

Le Bloc québécois n’a pas souhaité réagir à la menace brandie par Peter MacKay, lundi.

Au Nouveau Parti démocratique, le chef Jagmeet Singh a regretté que les conservateurs n’aient « pas appris qu’il ne s’agit pas de renvoyer les gens en élection, mais plutôt d’obtenir des résultats pour améliorer leur vie ».