(Ottawa) Des propos tenus par le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, donnent au député conservateur Steven Blaney l’impression d’être en Corée du Nord.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le ministre libéral s’est présenté devant les journalistes lundi matin pour revenir sur des commentaires faits sur les ondes CTV dans une entrevue qui a été diffusée dimanche.

Invité sur le plateau à discuter du rapport sur les télécommunications déposé la semaine dernière, il a laissé entendre que les sites web d’information pourraient avoir besoin d’une licence.

Or, rien de tel n’est dans les cartons, a-t-il clarifié lundi.

« Permettez-moi d’être clair : notre gouvernement n’a aucune intention d’exiger des licences pour les médias d’information », a tranché Steven Guilbeault en point de presse.

PHOTO BLAIR GABLE, REUTERS

Steven Guilbeault

Le gouvernement n’a pas davantage l’intention d’« en réglementer le contenu », a-t-il ajouté.

Selon lui, si la confusion s’est installée, c’est parce que « des gens ont peut-être lu le rapport trop rapidement et pensé que la question des licences s’appliquait aux médias ».

Or, le rapport est « très clair » sur le fait que cela ne s’applique pas aux médias, a insisté le ministre.

Cette clarification n’a aucunement rassuré les conservateurs Michelle Rempel Garner et Steven Blaney.

« On se croirait ce matin en Corée du Nord ou encore au royaume de Big Brother », a lancé l’élu québécois en point de presse.

« Ça s’inscrit dans une tendance lourde libérale de vouloir régimenter la presse », s’est-il insurgé au micro.

Car après avoir offert une « carotte » aux médias avec une aide de 595 millions, voilà que les libéraux sortent « le bâton » en « menaçant de mettre les journalistes au pas ».

Le rapport au cœur de cette querelle est celui du groupe d’examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications.

Déposé la semaine dernière, il contient 97 recommandations, non contraignantes, à l’intention du gouvernement.

Le ministre Guilbeault doit y donner suite en déposant un projet de loi visant à établir un nouveau cadre réglementaire pour l’industrie culturelle et médiatique.