L’homme d’affaires montréalais et ancien sénateur conservateur Michael Fortier songe sérieusement à se lancer dans la course à la succession d’Andrew Scheer, a pu confirmer La Presse mardi. Celui qui a été analyste politique lors de la dernière campagne soupèse actuellement ses appuis un peu partout au pays.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Le nom de l’ex-ministre du gouvernement de Stephen Harper (2006-2008) circule dans les rangs conservateurs depuis l’annonce de la démission de M. Scheer, jeudi dernier. Selon nos informations, M. Fortier, qui aurait été sollicité, multiplierait aussi de son côté les appels pour sonder l’intérêt des membres du parti à propos de sa candidature potentielle.

Il tenterait notamment de déterminer si ses positions plus progressistes sur la question environnementale – il a déjà critiqué dans nos pages l’offre peu convaincante du Parti conservateur sur le sujet lors de la dernière campagne – et sur les enjeux d’ordre moral, comme l’avortement et le mariage entre conjoints du même sexe, trouvaient des appuis à l’extérieur du Québec.

Michael Fortier, réputé au sein du milieu des affaires de Montréal, occupe actuellement les fonctions de vice-président du conseil de RBC Marchés des Capitaux. Il a déjà été candidat dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur en 1998.

Au Québec, peu de noms d’aspirants à la direction du Parti conservateur circulent pour l’heure, à l’exception de celui du député Gérard Deltell, qui poursuit aussi sa réflexion. Dans le reste du pays, l’ancien ministre Peter MacKay et les députés Pierre Poilievre, Erin O’Toole, Michael Chong et Marilyn Gladu mesurent leurs appuis.

Celle qui semble partir favorite dans l’ouest du pays, Rona Ambrose, prendrait elle aussi le temps de réfléchir à faire un retour sur la scène politique fédérale, a rapporté CTV News mardi, citant une source de son entourage. L’ancienne chef intérimaire du Parti conservateur serait le choix numéro un du premier ministre albertain Jason Kenney et de l’ancien premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall.

Premier saut

L’homme d’affaires et ancien membre des Forces armées canadiennes Bryan Brulotte confirme quant à lui qu’il sera de la course à la direction du Parti conservateur. C’est un nom peu connu actuellement chez les conservateurs, mais son engagement dans la formation remonte à de nombreuses années, a-t-il fait valoir à La Presse.

PHOTO ANNE-MARIE BRISSON

Bryan Brulotte

Il a indiqué qu’il avait notamment été l’un des organisateurs de Peter MacKay dans la course à la direction en 2003. Quelques années auparavant, en 2000, il a aussi été candidat du Parti progressiste-conservateur dans la région d’Ottawa. Il a également été chef adjoint du cabinet du ministre Paul Dick sous Kim Campbell en 1993.

Fils de militaire, il est né à Kingston, en Ontario, mais il a passé la majeure partie de sa vie au Québec. Il habite maintenant à Chelsea, près de Gatineau. « Ça fait longtemps que j’y songe », a indiqué l’homme de 55 ans, qui se dit motivé par « le désir de servir ». Il a déjà élaboré une plateforme ciblant l’unité canadienne et la prospérité économique, dit-il.

M. Brulotte, qui était hier à Québec pour rencontrer des membres du parti, soutient que « plusieurs » militants et députés, d’un bout à l’autre du pays, lui ont signifié leur intention de le soutenir dans sa course.

Caroline Mulroney ferme la porte

Invitée, mardi midi, du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) pour faire valoir sa vision en matière de « francophonie économique forte », la ministre des Transports et des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, a fermé de nouveau la porte à l’idée de se porter candidate à la direction.

« J’ai eu la chance d’y penser après la défaite au mois d’octobre. Je suis très heureuse dans mon rôle de ministre des Affaires francophones et ministre des Transports en Ontario et je suis très heureuse de pouvoir rester dans ce rôle, alors je n’ai pas d’intention [pour la course à la direction] », a-t-elle affirmé aux journalistes après son allocution.

Ce refus, couplé à celui de l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord vendredi dernier, a déçu les membres conservateurs du Québec, nous dit-on dans les coulisses.

Dans les noms qui circulent jusqu’à présent, il n’y en a aucun que tu sens que ça fait “wow” chez les gens.

Une source conservatrice à La Presse

« Tous les députés, candidats et organisateurs au Québec regardent ce qui se passe », a pour sa part soutenu Alain Rayes, qui assistait à l’activité de Mme Mulroney.

« En ce moment, il n’y a aucune organisation officielle qui se mobilise. Ça fait juste quelques jours [que M. Scheer est parti]. Évidemment, tout le monde a hâte de voir ce qui va se passer dans un contexte de gouvernement minoritaire, mais on va se donner le temps. On sort d’une élection et d’un début de session un peu chaotique. »

On ne connaît d’ailleurs toujours pas les règles qui vont encadrer la prochaine course à la direction du Parti conservateur ni même la date à laquelle le nouveau chef pourrait être choisi. Ces précisions seront vraisemblablement connues au début de l’année 2020.