(Québec)  Sylvain Gaudreault ne veut pas « gouverner par sondages », mais il admet qu’il « faut prendre acte où [se situe la souveraineté] dans l’opinion public ». En se lançant dans la course à la direction du Parti québécois (PQ), lundi, le député de Jonquière a rappelé que les souverainistes « n’ont pas le luxe de se permettre de faire une stratégie qui va [leur] faire perdre l’indépendance ».

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Lors d’un point de presse à Saguenay, lundi, M. Gaudreault a affirmé qu’il fallait « d’abord et avant tout démontrer l’importance d’avoir l’indépendance le plus rapidement possible ».

Il reste qu’il y a peut-être le tiers des Québécois qui se disent indépendantistes, et même [là], dans ce tiers, ce n’est pas tout le monde qui en fait sa première raison pour voter.

Sylvain Gaudreault, lors du lancement de sa campagne, lundi

Lors du congrès de refondation du PQ, à Trois-Rivières, le parti a réitéré que la souveraineté était centrale à son action politique. Il reviendra toutefois au prochain chef d’établir la stratégie pour réaliser le projet. En ce début de course, dont les règles seront annoncées en février, M. Gaudreault s’est montré évasif. Il a toutefois promis que la position du parti serait claire sous sa gouverne, à temps pour les élections de 2022.

Pour une transition écologique « juste »

Pour le lancement de sa campagne dans la course à la direction du PQ, lundi, Sylvain Gaudreault — élu sans interruption depuis 2007 dans la circonscription de Jonquière — était accompagné de deux députés, Méganne Perry Mélançon (Gaspé) et Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).

Pendant son discours, il a longuement parlé de la crise climatique et du fait qu’il fallait au Québec une « transition juste ».

« Une transition écologique, oui, mais une transition juste, a dit le député. Les travailleurs de la construction, de l’industrie forestière, des transports, des cimenteries, la pétrochimie, […] [de] tous les secteurs industriels dans les régions, […] il n’y aura pas de laissés pour compte. Il n’y aura pas de perdants. »

En entrevue, M. Gaudreault a cité l’exemple de travailleurs d’usine à Saguenay, à qui il faudrait à tout prix trouver des emplois à compétence égale dans leur région pendant la transition écologique.

En 2007, quand il s’était présenté pour la première fois au Parti québécois, un animateur de radio l’avait d’ailleurs pris pour cible, martelant que les travailleurs d’usine de Jonquière ne voteraient jamais pour un homosexuel.

Ouvertement gai et appuyé dans son projet de devenir chef par son conjoint, Sylvain Gaudreault a depuis démontré que ce préjugé était faux. Il a gagné chaque élection avec un appui croissant d’électeurs, a-t-il rappelé lundi, survivant même à la vague caquiste qui a balayé le Québec en 2018.

« J’ai été élu cinq fois avec des majorités de plus en plus fortes depuis 2007. Les gens veulent des premiers ministres qui livrent la marchandise, qui sont crédibles, qui ont de bonnes idées. Ils se foutent de la couleur de leur peau ou de leur orientation sexuelle », a-t-il dit.

Guy Nantel « ne ferme pas la porte »

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Guy Nantel

L’humoriste engagé Guy Nantel « ne ferme pas la porte » à l’idée de se présenter dans la course à la direction du Parti québécois, a affirmé lundi Kristina Bernard, responsable des communications chez Groupe Entourage. Depuis son passage à l’émission La soirée est (encore) jeune, où la question a été posée, Guy Nantel se dit « surpris » des questions des journalistes. Il a refusé toutes nos demandes d’entrevue depuis quelques jours. Mme Bernard, qui fait ses relations de presse, a affirmé lundi qu’il « n’a pas encore décidé s’il réfléchissait ». « C’est vraiment préliminaire. Il est en début d’un processus de réflexion », a-t-elle affirmé. L’avocat Paul Saint-Pierre Plamondon devrait pour sa part officialiser sa candidature dans la course à la direction du PQ cet hiver. L’historien Frédéric Bastien a également affirmé qu’il réfléchissait à la possibilité de se présenter.