(Québec) La période de questions a de nouveau été le théâtre de plusieurs accrochages et prises de bec, jeudi, alors que l’autorité du président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a été ouvertement contestée par le leader de l’opposition officielle.  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Dans un long accrochage, le député libéral Marc Tanguay a d’abord accusé le premier ministre François Legault de tenir « des propos blessants ». Ce dernier venait d’affirmer que son gouvernement refusait de tenir une commission parlementaire sur les services offerts aux enfants autistes atteignant la majorité puisqu’il y a « beaucoup […] de travail dans les commissions parlementaires, du travail qui n’avance pas dans les commissions parlementaires ».  

Dans la cohue, François Paradis a tenté de faire baisser le ton au Salon bleu en notant que le sujet était sensible. Il a ensuite invité le premier ministre à compléter sa réponse.  

Or, le leader parlementaire de l’opposition officielle, Marc Tanguay, a refusé pendant plusieurs minutes de s’asseoir, souhaitant ajouter une question de règlement, et ce, même si le président répétait qu’il avait pris une décision et qu’elle était finale.  

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

François Paradis

« M. le leader de l’opposition officielle, je vous demande de vous asseoir. […] Dans ce sujet très sensible, je demande au premier ministre de compléter la réponse, ce qui complétera la période de questions. Il en est ainsi. Je préside. Je viens de vous le dire. C’est comme ça que ça va se passer », a dit M. Paradis devant Marc Tanguay, qui refusait de reprendre son siège.  

« Vous m’avez, M. le leader de l’opposition officielle, et tous, donné le rôle de préciser. Aujourd’hui, je vous dis que, dans ce contexte, je demande au premier ministre de poursuivre sa réponse. Je demande votre collaboration, la vôtre spécifiquement, M. le leader de l’opposition officielle. Ne me forcez pas à aller plus loin », a ensuite menacé M. Paradis.

Alors que la situation dégénérait, le président de l’Assemblée nationale a finalement fait « un premier rappel à l’ordre » à Marc Tanguay. Cette procédure, prévue aux règlements qui encadrent les travaux parlementaires, prévoit que le président peut retirer la parole au député après deux rappels à l’ordre, et même éventuellement l’expulser.  

Alors qu’il reste quelques semaines de travaux avant la pause des Fêtes, le climat est plus tendu que jamais à l’Assemblée nationale. La semaine dernière, la période de questions avait également dégénéré, alors que Marc Tanguay laissait entendre que François Paradis avait perdu le contrôle de la Chambre.