(Ottawa) Justin Trudeau doit présenter son nouveau cabinet, mercredi, et la cérémonie s’annonce beaucoup plus formelle et sobre que lors de son premier mandat.

Joan Bryden et Mia Rabson
La Presse canadienne

Oubliez la théâtralité et l’optimisme des « voies ensoleillées » de 2015 alors qu’une foule de partisans célébrait ce gouvernement paritaire à Rideau Hall.

Cette fois, aucune invitation n’a été faite au public pour observer sur écran géant l’assermentation des ministres.

Les députés qui accéderont au cabinet vont arriver individuellement à la cérémonie et seront brièvement disponibles pour rencontrer les journalistes. Une procédure qui se rapproche de la méthode traditionnelle observée lors des remaniements ministériels.

Cette approche plus sobre vise à refléter le contexte dans lequel se trouve le gouvernement réélu. Celui-ci a perdu sa majorité et a traversé une campagne difficile qui a affaibli la position de Justin Trudeau. Les libéraux ont d’ailleurs été entièrement rayés de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Justin Trudeau s’est accordé un mois pour définir son cabinet, soit deux fois plus de temps qu’en 2015. Le conseil des ministres sera encore paritaire et visera à équilibrer la représentation des régions du pays, ainsi que de la diversité ethnique et religieuse.

On s’attend à ce que la majorité des ministres sortants demeurent au cabinet. Ceux-ci devraient toutefois tous changer de portefeuille, à l’exception du ministre des Finances Bill Morneau.

Le changement le plus important devrait être le départ de Chrystia Freeland d’Affaires mondiales Canada. Elle a probablement été la ministre la plus efficace du précédent mandat, notamment en menant les renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain.

PHOTO AL DRAGO, NYT

Chrystia Freeland

Mme Freeland, qui a des racines familiales en Alberta, pourrait jouer un rôle clé dans le travail de rapiéçage des liens brisés avec l’ouest du pays. Elle est perçue comme la prochaine vice-première ministre et ministre responsable des Affaires intergouvernementales.

Selon des sources parlant sous le couvert de l’anonymat parce qu’elles ne sont pas autorisées à discuter du processus confidentiel, c’est Francois-Philippe Champagne qui devrait prendre les commandes d’Affaires mondiales Canada.

Parmi les autres mouvements attendus, Jonathan Wilkinson, ministre sortant de Pêcheries devrait se retrouver à l’Environnement.

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Jonathan Wilkinson

Celle qui devrait lui succéder aux Pêcheries est la ministre sortante du Développement économique rural Bernadette Jordan, de la Nouvelle-Écosse.

Seamus O’Regan devrait hériter du ministère des Ressources naturelles, de qui dépend le dossier chaud de l’exploitation des hydrocarbures.

Le Montréalais Pablo Rodriguez est pressenti comme nouveau leader parlementaire. Un rôle majeur en situation de gouvernement minoritaire. Par ailleurs, le militant écologiste Steven Guilbeault que plusieurs voyaient à l’Environnement se retrouverait plutôt au Patrimoine.