(Québec) Qu’une mère soit poussée à rédiger un curriculum vitae pour son bébé afin de lui trouver une place subventionnée en garderie démontre que le système de la petite enfance est inéquitable au Québec, selon les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« C’est un cri d’alarme », a réagi Christine Labrie, députée solidaire de Sherbrooke.

« Le libre choix pour les parents n’existe pas dans les services de garde. On le voit avec le cas de cette mère, a-t-elle ajouté. Il faut s’assurer que les services existent et que les parents puissent choisir le service qu’ils veulent. »

Élizabeth Pelchat, une mère de Québec, racontait dans La Presse jeudi être incapable de trouver une place abordable pour son fils de 6 mois. Sa seule option pour l’instant est une garderie à 57 $ par jour, qui lui reviendrait à 29 $ après les crédits d’impôt.

Le gouvernement Legault a annoncé la semaine dernière le retour au tarif unique pour les places subventionnées. Avant, la contribution pouvait atteindre jusqu’à 21,45 $ par jour par enfant pour les familles mieux nanties. Maintenant, les familles qui ont accès à une place subventionnée paieront 8,25 $ par jour, peu importe leurs revenus.

Cette annonce a creusé un peu plus le fossé entre les parents assez chanceux pour avoir une place subventionnée, et ceux qui n’y arrivent pas, comme Élizabeth.

« Au lieu de mettre un paquet de milliards de dollars pour des maternelles 4 ans, les Québécois ont demandé des places en CPE. Il y a 42 000 familles en attente. C’est inacceptable », s’est indignée la députée libérale Marwah Rizqy.  

À l’heure actuelle, 42 000 enfants sont inscrits sur la Place 0-5 pour une place subventionnée. Mais certains parents ne reçoivent pas de retour avant l’entrée de leur enfant à la maternelle.

« C’est la preuve que la priorité des parents, c’est la création de nouvelles places en CPE, ce n’est pas la maternelle quatre ans », a dit le député péquiste de Matane, Pascal Bérubé.

Les parents devront être patients

Le gouvernement Legault s’est dit conscient du problème. Mais selon le premier ministre, son administration a « hérité d’une situation où il manque beaucoup de places ».

« Mais je suis très conscient qu’actuellement certains parents n’ont pas de places », a ajouté le premier ministre, qui assure que son ministre de la Famille cherche à créer de nouvelles places.

Ce dernier a demandé aux parents d’être patients. « On est en train de trouver des solutions », a déclaré Mathieu Lacombe.

« Il faut développer des places. On ne peut pas développer 50 000 places d’un coup au Québec, il faut y aller morceau par morceau », a dit le ministre. Il accuse le gouvernement libéral précédent d’avoir pris énormément de retard à ce chapitre.

Le ministre Lacombe a déjà dit que l’idéal selon lui consiste en un système entièrement subventionné, qu’il soit en CPE, en garderie ou en milieu familial. Ce modèle ferait en sorte que tous les parents paieraient 8,25 $ par jour. Il n’a toutefois pas précisé d’échéancier afin d’y arriver.

-Avec Hugo Pilon-Larose