(Québec) Québec organise avec l’École nationale de police un « séminaire sur le profilage racial et social » qui se tiendra au printemps, a dit mardi Geneviève Guilbault, au lendemain de la publication d’un rapport démontrant qu’il y a un biais systémique contre les Noirs, les Arabes et les Autochtones au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

« Le ministère pilote [aussi] un comité de travail qui est issu du milieu policier avec divers représentants d’organisations policières […] [et qui] se penche sur cette problématique [du profilage racial] depuis plusieurs années. Plus tôt cette année, j’ai demandé […] que des représentants de la société civile soient inclus dans les travaux [pour qu’on trouve] tous ensemble des solutions concrètes », a ajouté la ministre de la Sécurité publique, questionnée par Québec solidaire (QS) au Salon bleu.  

Plus tôt en journée, le premier ministre François Legault s’est aussi dit « inquiet » que les Noirs, les Arabes et les Autochtones soient interpellés de façon disproportionnée par le SPVM.

« Nous pouvons être inquiets par ce qui se passe au SPVM et j’étais content d’entendre le [chef de police] hier dire qu’il faut faire des changements, parce que c’est inacceptable », a dit le premier ministre mardi lors d’une mêlée de presse.

Lundi, le SPVM a publié un rapport préparé à sa demande par trois chercheurs universitaires indépendants qui dévoilait que les Noirs risquent d’être interpellés par des policiers quatre plus souvent que les Blancs à Montréal, alors que pour les Arabes, c’est deux fois plus.  

« Les interpellations auprès de personnes arabes et noires sont disproportionnées, autant en tenant compte de leur poids démographique dans la population de Montréal qu’en considérant leur "contribution" relative aux infractions aux règlements municipaux et aux infractions criminelles », ont noté les chercheurs qui ont étudié les données du SPVM entre 2014 et 2017.

« Je comprends [ces groupes visés] d’être tristes et fâchés devant cet état des faits. Mais j’ai confiance que le chef de la police fera tous les changements qui sont absolument nécessaires », a dit M.  Legault.

« Clairement, on a du travail à faire », a reconnu le chef du SPVM, Sylvain Caron, lundi, ajoutant que « c’est un enjeu complexe, c’est un enjeu de société, je ne suis pas en mesure de vous dire que les résultats qu’on a aujourd’hui nous permettent de comprendre l’ensemble du phénomène. »