(Québec) Le prochain commissaire de l’UPAC devrait être un civil, soutient Québec solidaire. Le député Alexandre Leduc y voit la meilleure manière de restaurer l’ordre dans cette unité minée par des luttes intestines.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

« C’est une organisation qui est gangrénée – tous les rapports l’ont dit – par les guerres de clans, a relevé le député d’Hochelaga-Maisonneuve en entrevue à La Presse. Si on est du bon clan, on a plus de chances de progresser et si on n’est pas du bon clan, on risque d’être pris dans les structures. »

« Pour casser ce système-là, il faut mettre une personne qui est au-dessus de cela, a-t-il ajouté. Rien de mieux qu’une personne qui vient d’une filière civile, qui n’a pas d’attache policière ou d’historique policier avec un autre service au préalable. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le député de Québec solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc.

L’Unité permanente anticorruption est sans chef permanent depuis près d’un an. Robert Lafrenière, qui occupait le poste depuis sa création, a annoncé sa démission le 1er octobre, jour même de l’élection, sans jamais fournir d’explications.

L’organisation est dirigée sur une base intérimaire par Frédérick Gaudreau.

Au même moment, la Sûreté du Québec est sans chef permanent depuis que son directeur Martin Prud’homme a été relevé de ses fonctions il y a sept mois. Les motifs de cette suspension sont encore inconnus.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a indiqué mardi que le commissaire permanent sera nommé d’ici au mois d’octobre. Pour la première fois, la candidature devra être avalisée par les deux tiers des élus à l’Assemblée nationale, tel que le prévoit la loi 1 adoptée par le gouvernement caquiste.

Un comité indépendant a étudié les candidatures des 59 personnes qui ont manifesté leur intérêt pour la fonction. Il soumettra prochainement une courte liste d’au moins deux noms au gouvernement caquiste, qui soumettra ensuite son choix à l’opposition.

Bien qu’il n’en fasse pas une condition sine qua non à son appui, QS croit que le gouvernement Legault aurait tout intérêt à considérer un dirigeant qui n’est pas issu des services policiers, et qui ne serait donc pas susceptible d’être identité à l’un ou l’autre des groupes.

« On va pouvoir juger la capacité politique de Mme Guilbault, quelle est sa vision de la chose. Nous, on dit d’emblée qu’on est prêts à regarder toutes les candidatures, mais on a un préjugé très favorable et très clair envers une candidature qui provient de la filière civile. »

Québec solidaire a par le passé proposé que l’unité soit dirigée simultanément par un civil et par un policier. Le premier ministre François Legault a déjà démontré de l’intérêt pour une candidature issue du milieu civil pour diriger l’UPAC.

Sous le gouvernement de Lucien Bouchard, Québec avait nommé un civil à la tête de la SQ, Guy Coulombe.