(Salaberry-de-Valleyfield) L’exécutif du Parti québécois écarte pour le moment l’idée de changer le nom de la formation politique.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Une esquisse des nouveaux statuts du parti, rendue publique mercredi par le présidente Gabrielle Lemieux, précise d’entrée de jeu que « Le nom du parti est : ‘Parti québécois’. »

Après sa défaite électorale de l’an dernier, le parti a mené des consultations afin de réviser ses statuts et repenser son action politique. Sa direction s’est dite ouverte à changer de nom et de logo, si tel est le souhait des militants.

Or, après une consultation en ligne auprès de 4500 personnes et plusieurs mois de délibération, la direction du parti n’a pas recommandé cette possibilité à ses membres. Du moins, pas pour le moment.

« Ce n’est pas une décision définitive », a précisé Mme Lemieux.

Le Parti s’active à repenser de fond en comble son action politique. Il a publié mercredi une « déclaration de principes » qui replace l’indépendance au cœur de ses priorités. La discussion sur le nom et l’image sera remise à plus tard, lorsque les nouvelles orientations auront été avalisées par les membres.

« On va regarder cette question – l’image de marque, le nom, le logo – parallèlement à tout ça, a indiqué Mme Lemieux. Mais on ne peut pas non plus mettre la charrue devant les bœufs et faire un changement dans notre marque de commerce avant d’avoir réellement changé le fondamental. »

Réunis à Salaberry-de-Valleyfield, des députés du PQ ont réitéré leur attachement au nom de leur formation politique.

« J’aime le nom Parti québécois, a indiqué Harold LeBel, député de Rimouski. Je suis un gars de la famille du PQ, je suis là depuis longtemps et j’aime ce nom-là, je m’identifie à ce nom-là. »

Sylvain Gaudreault, qui envisage de briguer la direction du parti, convient que la discussion sur le changement de nom est « émotive » mais somme toute secondaire.

« C’est une question qui est importante, mais qui est quand même accessoire par rapport au fond des choses, a-t-il expliqué. Le fond des choses, ça veut dire qui nous sommes, où allons-nous, qu’est-ce que nous voulons appuyer, défendre et présenter comme principe. »

L’indépendance d’abord

La déclaration de principe rendue publique mercredi tient sur deux pages. Elle édicte quatre principes qui guideront l’action du parti : liberté, justice et équité, nationalisme ainsi que protection de l’environnement.

« On va recentrer l’action sur l’essentiel », a résumé le chef par intérim, Pascal Bérubé.

La raison d’être du PQ est ainsi remise à l’avant-plan. Le PQ militera pour « la fondation d’un pays et non pas sur la gestion ordinaire d’une province », peut-on lire dans le document.

« Ça veut absolument dire que nous allons faire campagne sur l’indépendance, a expliqué Gabrielle Lemieux. Ça veut absolument dire ça : nous recréons le grand mouvement pour l’indépendance au Parti québécois. C’est notre objectif fondamental et les autres questions devront y être subordonnées. »

Cela veut dire que le PQ ne prendra pas position sur chaque dossier. Il se concentrera plutôt sur ceux qui sont directement liés au projet indépendantiste.

Le parti veut également se faire plus rassembleur.

« Nous ne jouerons pas au jeu de la politique de la division, a indiqué Gabrielle Lemieux. Nous n’adopterons plus un ton revanchard quant au passé. Nous nous positionnerons de façon à faire avancer le Québec en prenant des décisions courageuses et rassembleuses. »

Porte ouverte aux sympathisants

Pour se relancer, le parti ne comptera pas uniquement sur ses membres. L’exécutif propose que des sympathisants soient invités à se prononcer sur les orientations politiques, et même à choisir le prochain chef.

Selon Harold LeBel, la réforme des statuts et la déclaration de principes répondent à un problème majeur.

« Les gens nous regardent et ils ne nous reconnaissent plus, ils ne savent plus on est quoi, a-t-il expliqué. Dépendant du chef, on a une image qui est différente. On ne veut pas jouer là-dedans. On veut que les gens nous reconnaissent pour ce qu’on est, on veut que ce soit clair. »

Les membres du PQ se réuniront dans un congrès extraordinaire à Trois-Rivières en novembre pour adopter les textes publiés mercredi. C’est donc dire que les deux documents seront adoptés avant la course à la direction qui vise à désigner le successeur de Jean-François Lisée.