Si l’olympienne Sylvie Fréchette a décidé de se lancer en politique, c’est d’abord et avant tout pour mettre fin au «système des petits amis» et à la «corruption» du gouvernement de Justin Trudeau. À ses yeux, «les vraies choses ne sont pas dites en ce moment».

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

«Je n’en peux plus. Si mes enfants parlaient comme ça, je les chicanerais», illustre celle qui tentera de se faire élire sous la bannière conservatrice dans la circonscription de Rivière-du-Nord, dans les Basses Laurentides.

Médaillée en nage synchronisée aux Jeux olympiques de Barcelone (1992) et d’Atlanta (1996), Sylvie Fréchette demeure une figure bien connue des Québécois. Plusieurs fois, dit-elle, des partis politiques l’ont approchée pour une candidature, mais elle a systématiquement refusé.

Lorsque le Parti conservateur l’a jointe une première fois, elle a d’ailleurs décliné l’invitation. Mais elle a néanmoins accepté de rencontrer Alain Rayes, lieutenant politique au Québec pour le chef Andrew Scheer. Le courant a passé. «Il y a beaucoup d’éducation à faire sur le Parti conservateur, particulièrement au Québec», affirme l’ex-athlète devenue entraîneure.

Selon elle, le parti se fait accuser à tort de vouloir rouvrir des «dossiers clos» comme le droit à l’avortement ou au mariage entre personnes du même sexe. Mme Fréchette assure plutôt qu’elle préfère parler «du futur», et cite en priorité l’enjeu de l’environnement, qui n’est pourtant pas la signature première de la formation politique.

«Notre plan est solide, on n’a rien à envier à personne», dit-elle, en référence à la plateforme verte des conservateurs dévoilée en juin dernier. Ce plan prévoit notamment l’abolition de la taxe sur le carbone, ainsi que deux nouveaux crédits d’impôts pour inciter les Canadiens à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Confrontée au fait que le parti qu’elle représente est résolument pro-pétrole, la candidate concède qu’elle a «de l’apprentissage à faire sur ce dossier».

«Le jour où on n’aura plus besoin de pétrole, je vais être la première à sourire, dit-elle. J’ai des enfants, et j’aurai peut-être des petits-enfants, je vois bien que la situation devant nous est catastrophique. Mais pour l’instant, on en a besoin, du pétrole. J’ai confiance en l’intelligence des Canadiens pour aider à diminuer les GES, en travaillant ensemble et en analysant les idées sans juste les "blaster".»

À 52 ans, Sylvie Fréchette se lance dans une aventure largement inconnue pour elle, celle de la politique. «Je veux comprendre ce qui se passe», dit-elle.

«La réflexion que j’ai eue, c’est qu’en me désengageant, je n’allais jamais changer les choses.»

En se présentant dans Rivière-du-Nord, elle souhaite représenter une communauté qu’elle connaît bien. Elle réside elle-même à Saint-Jérôme et travaille au club Neptune, où elle entraîne de jeunes athlètes de niveau national issues de la région.

N’empêche, la partie est loin d’y être gagnée d’avance. Le Parti conservateur avait terminé au quatrième rang aux dernières élections fédérales, loin derrière le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois. C’est le bloquiste Rhéal Fortin qui est le député sortant.

Malgré tout, Sylvie Fréchette croit fermement en ses chances.

«Mon attitude est la même que lorsque j’étais athlète: chaque compétition commence zéro à zéro, dit-elle. On ne parle pas du passé, mais bien du présent. Ce que je veux, c’est que ma circonscription aille bien. Alors que le meilleur gagne.»