(Saskatoon) Les premiers ministres des 13 provinces et territoires du Canada seront réunis en Saskatchewan à compter de mardi, mais pour la première fois depuis de nombreuses années, aucune femme ne sera assise autour de la table.

Stephanie Taylor et Bill Graveland
La Presse canadienne

« Sur le plan symbolique, l’absence d’une première ministre est très significative », a souligné Sylvia Bashevkin, professeure en science politique à l’Université de Toronto qui fait ses recherches sur les femmes en politique.

La dernière fois qu’il n’y avait aucune femme première ministre au Canada, c’était entre novembre 2002, lorsque Pat Duncan avait quitté son poste au Yukon, et novembre 2008, quand Eva Aariak avait été assermentée comme première ministre du Nunavut.

En 2014, près de la moitié des Canadiens vivaient dans des provinces ou territoires dirigés par une femme. Rachel Notley était la dernière du lot qui restait, jusqu’à ce que son gouvernement soit défait en Alberta il y a trois mois.

La Saskatchewan, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick n’ont jamais eu une femme à leur tête.

La rencontre du Conseil de la fédération, qui se déroulera de mardi à jeudi, devrait rappeler aux gens la sous-représentation des femmes dans l’éventail de premiers ministres au pays, selon Mme Bashevkin.

Cela pourrait également amener les gens à se demander si la diversité des sexes au Canada s’améliore vraiment, a-t-elle ajouté.

« Ce n’est pas seulement que les choses ont stagné, mais elles ont considérablement reculé », a-t-elle déploré.

« Nous devons revenir à l’image qui va ressortir de la réunion des premiers ministres et nous demander : qu’est-ce que ça veut dire quand nous avons le sentiment d’avoir fait toutes ces percées et que nous pouvons ensuite revenir à zéro ? »

Plusieurs sujets à l’ordre du jour

La rencontre du Conseil de la fédération commencera à la Première Nation Big River, où les premiers ministres rencontreront les dirigeants d’organisations autochtones, dont l’Assemblée des Premières Nations.

L’événement se déplacera ensuite à Saskatoon, où les premiers ministres se réuniront derrière des portes closes dans un hôtel du centre-ville.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, qui est l’hôte de l’événement, a affirmé que les soins de santé, la réduction des obstacles au commerce et l’augmentation de la compétitivité économique étaient tous des sujets à son ordre du jour.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, entend pour sa part parler de commerce, du développement du secteur énergétique et de la reconnaissance des compétences entre les provinces.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a indiqué de son côté qu’il comptait aborder le sujet de l’immigration.

Cinq premiers ministres aux idées similaires ont eu une rencontre informelle, lundi, au Stampede de Calgary. Les premiers ministres de l’Alberta, de la Saskatchewan, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et des Territoires du Nord-Ouest ont discuté de leur volonté de mettre sur le marché les ressources canadiennes et de leur opposition à la tarification sur le carbone.

L’Ontario, l’Alberta, le Manitoba et la Saskatchewan contestent la « taxe sur le carbone » du gouvernement fédéral devant les tribunaux.