La loi québécoise sur la laïcité a rattrapé Justin Trudeau sur le toit de l’ambassade canadienne à Washington, jeudi.

Lina Dib
La Presse canadienne

Mais le premier ministre s’est, une fois de plus, contenté de dénoncer la loi du gouvernement Legault, sans dire ce qu’il ferait pour la contrer.

La question est venue en toute fin de point de presse, après une journée à rencontrer le président Donald Trump et des politiciens américains pour discuter de la ratification du nouvel ALENA.

Pourquoi M. Trudeau n’a rien dit depuis l’adoption à Québec du projet de loi 21 ?

« Ma perspective et mes opinions là-dessus ont toujours été très claires », s’est défendu le premier ministre.

« Je suis évidemment préoccupé par une atteinte aux droits fondamentaux des Canadiens », a-t-il ajouté.

Mais pas plus que ses ministres, cette semaine à Ottawa, n’a-t-il voulu dire ce que son gouvernement ferait concrètement pour répondre à cette « atteinte aux droits fondamentaux ».

Lorsque le projet de loi était débattu à Québec, on refusait à Ottawa de dire si on songeait à se joindre à un recours devant les tribunaux pour l’attaquer. On disait attendre de voir le contenu final de la loi une fois adoptée.

Au lendemain de l’adoption de la loi, le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, n’avait toujours rien à dire de plus.

« On va regarder ce qui se passe sur le terrain. Aussi on va prendre le temps pour étudier les amendements qui ont été ajoutés à la loi. Et on va agir d’une façon prudente », disait le ministre Lametti lundi.

Il refusait toutefois d’exclure une intervention éventuelle de son gouvernement devant les tribunaux.

« Nous allons sûrement nous assurer que nos opinions soient bien connues et nous continuerons à défendre les droits des Canadiens », a répété, de son côté, M. Trudeau à Washington, jeudi.

Le journaliste lui a alors demandé s’il était temps de faire disparaître la clause dérogatoire.

Le premier ministre a préféré ne pas répondre à cette question.