Avec la réforme prochaine du mode de scrutin au Québec, une coalition nouvellement formée demande au premier ministre François Legault d’inclure des règles claires de parité dans la mouture du projet de loi.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

La militante et femme politique, Françoise David, a dévoilé dimanche matin lors d’une conférence de presse à Montréal comment la coalition entend demander des mesures « concrètes et vérifiables » dans le projet de loi à l’étude.

« La parité semble simple de prime abord, mais ce n’est pas si simple quand il est question d’objectifs », a-t-elle expliqué en compagnie d’une douzaine de membres de la coalition, des ténors, hommes et femmes, provenant de grandes centrales syndicales et de fédérations des droits de la femme.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

L'ancienne co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David

Comme action première, la coalition menée par le Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN) demande une rencontre avec le premier ministre pour connaître sa position et ses engagements. La présidente du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD), Thérèse Mailloux, a rappelé que le Québec a franchi un pas « historique » aux dernières élections avec la proportion de femmes élues qui a grimpé de 30 % à 43 %.

« Pour nous, il est impensable d’adopter un projet de loi sur le mode de scrutin sans y inclure des règles de parité. C’est indissociable », a-t-elle indiqué.

La militante a rappelé que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’était engagé dans cette voie lors du Sommet des Femmes, de mars 2016. Mais, depuis son élection à la tête du gouvernement provincial, il n’a pas abordé la question, a-t-elle fait remarquer.

Objectif 45-55 %

Concrètement, la coalition nouvellement crée veut d’abord une liste paritaire de candidats dans les sièges de circonscriptions. Selon les militants, il est réaliste de viser jusqu’à 60 % de candidates féminines dans ces listes des partis, pour atteindre un ratio de femmes entre 45 % et 55 %. Donc, au-dessus du plancher 40-60, a précisé la présidente de la Centrale syndicale du Québec (CSQ), Sonia Ethier.

« Tout se passe lors du recrutement, ajoute Mme David. Il y a une culture des pratiques de recrutement auprès des hommes. Il y a des réseaux déjà bien formés. Les femmes ont été absentes de la politique durant longtemps, il y a une disparité énorme. Convaincre les femmes de se lancer en politique s’effectue sur une plus longue période de temps. »

Dans un premier temps, la coalition n’entend pas se pencher sur la parité au conseil des ministres. Mais, il pourrait s’agit d’une prochaine étape dans la réforme du scrutin, tout comme l’inclusion de candidats provenant de la communauté LGBT (communautés lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, etc,). « Il faut procéder une étape à la fois, on va commencer par les listes dans les circonscriptions », a précisé Mme David.