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La victoire des verts en C. -B. est analysée

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Paul Manly célébrait sa victoire lundi soir à Nanaimo-Ladysmith, entouré de membres de sa famille.

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LINA DIB
La Presse canadienne
Ottawa

Libéraux et néo-démocrates à Ottawa tentaient mardi de tirer des leçons de leur défaite à l'élection partielle de lundi dans un comté de Colombie-Britannique. Et les deux formations malheureuses s'entendent sur une chose avec les gagnants : les changements climatiques ont motivé les électeurs.

Le candidat élu, Paul Manly, ira rejoindre Elizabeth May à Ottawa où ils seront dorénavant deux députés verts. M. Manly a récolté presque 38 % des voix. Mme May s'est donc présentée à la porte des Communes tout sourire, mardi après-midi.

« Nous avons vu beaucoup d'augmentation dans nos appuis. Et on pose toujours la même question : Pouvez-vous traduire ça en sièges au parlement fédéral ? Et maintenant, aujourd'hui, la réponse est clairement oui », a-t-elle déclaré, « ravie » de doubler ses effectifs.

Les libéraux, eux, n'ont obtenu que 11 % du vote, loin derrière les conservateurs, à 25 %. Les néo-démocrates qui détenaient le comté jusque-là n'ont récolté que 23 %.

Justin Trudeau y voit la preuve que les Canadiens sont « préoccupés par les changements climatiques ». Jagmeet Singh ajoute à ça que « les gens de Nanaimo-Ladysmith ont voté pour protester contre le gouvernement qui a acheté un pipeline ».

« C'est un message clair que les Canadiens veulent de l'action sur les changements climatiques », a dit le premier ministre en arrivant à son bureau mardi matin. Il en a profité pour vanter sa décision d'imposer une taxe sur le carbone aux provinces qui n'ont pas mis en place un plan de lutte aux changements climatiques.

Il a quitté le point de presse alors que les journalistes lui demandaient quel effet sa décision d'acheter un pipeline a pu avoir sur le vote de lundi.

Avant de s'engouffrer dans son bureau, le premier ministre a cependant pris le temps de laisser entendre qu'en octobre les Canadiens n'auront à choisir qu'entre un gouvernement libéral ou un gouvernement conservateur.

« Évidemment, on va travailler encore plus fort dans les mois à venir pour s'assurer que les Canadiens choisissent un gouvernement qui va pouvoir lutter contre les changements climatiques et pas juste un parti », a-t-il glissé.

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Amarjeet Sohi

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Rêver en vert

Mme May, elle, voudrait contrer cet argument.

« Si vous votez pour ce que vous voulez, nous aurons de meilleurs gouvernements », assure-t-elle aux Canadiens.

« Votez pour ce que vous voulez et ça fera mieux fonctionner la démocratie et ça conduira sûrement à l'élection de plus de députés verts », a-t-elle promis.

Dans son parlement idéal, après les élections d'octobre prochain, son parti aurait suffisamment de députés pour détenir la balance du pouvoir face à un gouvernement minoritaire.

Si les élections de 2015 avaient livré pareil résultat, « je doute que (M. Trudeau) aurait acheté un pipeline », a-t-elle fait remarquer.

Elle préférerait un gouvernement minoritaire libéral à un gouvernement minoritaire conservateur aux prochaines élections parce qu'elle soupçonne Andrew Scheer de ne pas comprendre « l'urgence » de la « menace des changements climatiques », lui qui dépense toutes ses énergies à dénoncer la taxe sur le carbone.

Un des deux chefs adjoints du Parti vert, Daniel Green, est moins convaincu.

« De faire face à un gouvernement qui promet des choses, mais qui ne livre rien, versus un gouvernement qui ne promet rien et qui ne livre rien, il n'y a pas de grande différence », a argué M. Green en entrevue téléphonique.

M. Green, qui s'est plutôt bien tiré de l'élection partielle de février à Outremont avec presque 13 % des votes et une troisième place, calcule que les Québécois pourraient élire entre deux et cinq députés verts en octobre. Il rêve de voir 25 députés verts à travers le pays.

Leçons à tirer

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, qui va de défaite en défaite, refuse de jeter la serviette.

« Il y a des choses que nous pouvons apprendre des élections complémentaires, mais la seule élection qui compte est l'élection générale et je me concentre sur cette élection générale », a-t-il dit lors d'un court point de presse à la porte des Communes.

Il n'a pas précisé ce qu'il a appris de l'élection d'Outremont et a dit qu'il était trop tôt pour dire ce qu'il y a à apprendre de celle de Nanaimo-Ladysmith.

À l'heure où libéraux et néo-démocrates annoncent que les changements climatiques seront un « enjeu primordial » de la prochaine campagne électorale, les verts rappellent leurs adversaires politiques à l'ordre. « Beaucoup de partis ont reverdi leur plateforme. [...] Nous, ça fait 20 ans qu'on écrit vert », s'est vanté M. Green, présentant son parti comme « le real deal vert ».




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