Aux travailleurs touchés par la crise dans l'industrie forestière, Jean Charest suggère de se tourner vers des emplois dans les mines, secteur qu'il considère comme plus prometteur. Le chef libéral n'a d'ailleurs pas visité une seule usine de l'industrie de la forêt ni rencontré un seul travailleur touché par la crise de toute sa tournée dans les régions ressources du Québec.

Malorie Beauchemin
Malorie Beauchemin LA PRESSE

De passage en Abitibi-Témiscamingue, où il a présenté son plan de mise en valeur du potentiel minier dans le nord du Québec, le chef libéral a estimé que le principal défi de l'industrie des mines sera de trouver de la main-d'oeuvre. Selon lui, il s'agit d'une occasion en or pour les travailleurs forestiers de se recycler dans ce secteur.

«Former des travailleurs qualifiés, les requalifier, ça représente tout un défi, de souplesse, de vitesse, a dit M. Charest. Il faut être capable d'être davantage ciblés pour rejoindre des travailleurs forestiers qui pourraient potentiellement travailler dans le secteur minier.»

Le chef libéral concède toutefois que la transition ne sera peut-être pas facile. «Il faut être très lucide. Un travailleur forestier est habitué de travailler à l'extérieur. Ce n'est pas vrai que du jour au lendemain cette personne va travailler dans un environnement qui est totalement différent. Pour ceux qui veulent, pour ceux qui sont capables, il y a des occasions qui vont se présenter», a-t-il souligné. Il a promis de soutenir financièrement les travailleurs au chômage qui suivront des programmes de requalification.

Depuis le début de la crise forestière, en 2005, 15 000 travailleurs ont perdu leur emploi, selon les chiffres de l'industrie.

Les libéraux estiment à 4000 le nombre de nouveaux emplois qui seront créés dans le secteur minier d'ici 10 ans, principalement en Abitibi-Témiscamingue.

M. Charest s'est engagé, s'il est réélu, à accélérer la cartographie du territoire afin de «faire connaître aux entreprises les sites qui présentent un potentiel minier dans le nord québécois».

Le chef libéral a aussi promis que l'Institut national des mines, dont la création avait été annoncée lors du dernier budget, aurait pignon sur rue à Val-d'Or.

Pour la première fois, le chef libéral a reconnu que la «tempête économique» qu'il prédit sur le Québec se traduira très probablement par des pertes d'emplois. «Notre économie est directement dépendante du marché américain. S'il y a un ralentissement économique aux États-Unis et que les gens consomment moins, ça va affecter des secteurs d'emploi chez nous et il y a des gens qui peuvent perdre leur emploi», a souligné M. Charest. Il a promis de «tout faire» pour maintenir et créer des emplois afin de traverser cette turbulence économique annoncée.

En après-midi, le chef libéral a visité les bureaux du centre d'appels du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), à Rouyn-Noranda. Des éducatrices de services de garde en milieu familial l'attendaient devant les portes pour lui demander de s'engager à ne pas porter en appel le jugement de la Cour supérieure qui invalide les lois 7 et 8 et redonne aux éducatrices le droit de se syndiquer.

Le chef libéral terminait hier une tournée de trois jours qui l'a mené de la Côte-Nord à l'Abitibi-Témiscamingue en passant par la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Aujourd'hui, Jean Charest remettra sa casquette de premier ministre pour quelques heures, le temps de prononcer le discours de clôture du quatrième sommet économique Québec-New York, qui se déroule à Montréal. Le chef libéral copréside le sommet avec le gouverneur de l'État de New York, David Paterson. Dans l'entourage de M. Charest, on souligne que puisque l'activité était prévue depuis longtemps, le chef libéral n'a pas voulu annuler sa présence malgré la campagne électorale et qu'il fera, ainsi, une pause dans sa tournée.