Le Québécois est devenu, il y a 10 jours, le nouveau directeur général du Lightning de Tampa Bay, l'une des formations les plus puissantes de la Ligue nationale de hockey (LNH). Il est notre personnalité de la semaine.

Mis à jour le 23 sept. 2018
Mathias Brunet LA PRESSE

En succédant ainsi à son patron, l'ancienne gloire Steve Yzerman, Julien BriseBois, 41 ans, est devenu le deuxième directeur général québécois de la LNH avec Marc Bergevin, l'un des plus jeunes aussi après John Chayka, des Coyotes de l'Arizona, et Kyle Dubas, des Maple Leafs de Toronto.

Rien ne prédestinait pourtant ce gestionnaire originaire de Greenfield Park au monde du hockey. Julien BriseBois y a joué, mais si peu, dans les rangs atome ou pee-wee, pour plutôt se consacrer au baseball. À titre d'arrêt-court, il a participé à des camps régionaux avec les Expos, les Blue Jays de Toronto et les Dodgers de Los Angeles, mais il a privilégié ses études en droit.

Au hasard d'une entrevue avec la firme Heenan Blaikie afin d'obtenir un stage en droit fiscal à la fin de ses études universitaires, il présente à tout hasard un article sur le droit du sport à ses intervieweurs. Cet article change son destin. Heenan Blaikie cherche justement à lancer un service du droit du sport...

À peine embauché, il est affecté, malgré la candeur de ses 20 ans, à des dossiers d'arbitrage salarial pour des clubs du baseball majeur et de la LNH. D'où ce premier contact avec le Canadien.

« J'ai songé à beaucoup de gens lorsque j'ai appris ma nomination, confie-t-il à La Presse au bout du fil. Au cabinet d'avocats, j'ai eu la chance de travailler avec Daniel Dumais, qui est désormais juge à la Cour supérieure. C'est lui qui m'a permis d'entrer dans le monde du hockey avec des dossiers d'arbitrage salarial pour des équipes de la LNH. Il m'a intégré à son équipe et m'a donné beaucoup de responsabilités dès le premier jour. Jacques Nadeau, aujourd'hui juge à la Cour du Québec, et Éric Amyot, mon directeur de stage, m'ont bien épaulé. »

APPRENTISSAGE AU SEIN DU CANADIEN

En 2001, André Savard est nommé DG du Tricolore et il restructure l'organisation. Il nomme Trevor Timmins responsable du recrutement et sollicite les services de BriseBois pour les aspects fiscaux et juridiques de son travail.

Savard le prend sous son aile et l'invite à participer à des tournées de recrutement en sa compagnie en Ontario, au Québec et aux États-Unis. BriseBois assiste à une multitude de matchs de ligues collégiales, juniors et professionnelles en compagnie des hommes de hockey du CH. Il n'hésite pas à poser des questions et il prend des notes. Beaucoup de notes.

« Je remercie Pierre Boivin et André Savard, qui m'ont embauché, André en particulier parce qu'il m'a permis de le suivre pas à pas pendant deux ans. Il m'a permis de négocier certains gros contrats dès mon arrivée. Martin Madden et Pierre Gauthier ont été des conseillers précieux. »

Quand Bob Gainey entre en poste deux ans plus tard, BriseBois a déjà acquis le bagage nécessaire pour gravir les échelons. Il devient directeur général des Bulldogs de Hamilton, le club-école du Canadien.

« Bob Gainey, lui, a été le premier à me considérer comme un homme de hockey. »

- Julien BriseBois

Après neuf saisons et quelques mois avec le Canadien, Julien BriseBois avise Bob Gainey qu'il va quitter l'organisation à la fin de la saison 2009-2010. Nouvellement en poste à Tampa Bay, le DG Steve Yzerman demande au Canadien la permission de discuter avec lui.

« Je voulais voir ce qui se faisait ailleurs, étendre mon réseau de contacts, a confié Julien BriseBois à La Presse à l'époque. Quand tu demeures trop longtemps au même endroit, tu es moins exposé à de nouvelles choses. Steve Yzerman avait sans doute été mis au courant de ma disponibilité. On s'était rencontrés une fois au préalable à une réunion des DG de la LNH, et le hasard a fait que nous étions assis côte à côte. On avait eu une bonne conversation. J'avais été impressionné par son humilité. Il venait de prendre sa retraite, mais c'était quand même une légende de notre milieu, et j'étais la personne la plus jeune à ce meeting. Il m'avait néanmoins posé beaucoup de questions et semblait intéressé par mon opinion. »

« Nous sommes chanceux qu'aucune autre équipe ne l'ait embauché pendant ses huit saisons avec nous », a déclaré le propriétaire de l'équipe, Jeff Vinik, aux journalistes lors de la nomination de BriseBois.

Notre homme fait partie de cette nouvelle vague d'avocats, de statisticiens ou même de diplômés en finance à la tête d'équipes de la Ligue nationale.

« Je n'aurais jamais accédé à ce poste sans tous ces mentors qui provenaient du milieu du hockey et qui m'ont appris avec générosité le métier, dit-il. Ceux avec qui j'ai oeuvré ont évalué mes capacités en fonction du travail que j'ai accompli. Ils ne pouvaient miser sur le fait que j'étais bon pour marquer des buts, parce que je ne suis pas bon pour marquer des buts... »

JULIEN BRISEBOIS EN QUELQUES CHOIX

UN FILM

Le parrain

UN PERSONNAGE HISTORIQUE

Winston Churchill

UN PERSONNAGE CONTEMPORAIN

Bill Gates

UNE PHRASE

« Le mieux que je puisse faire est de faire de mon mieux. »