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Clément Marchand (1913-2013): un orfèvre des mots

Clément Marchand... (Photo archives La Presse)

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Clément Marchand

Photo archives La Presse

Homme de formules, artiste de la conversation, grand frère du milieu littéraire, Clément Marchand a marqué le Québec par sa verve et son humanisme. Le 22 avril dernier, la veille de la Journée mondiale du livre, le poète, éditeur et journaliste de Trois-Rivières s'est éteint à 100 ans.

Au cours de sa vie, l'homme de lettres a édité Félix Leclerc, Gérald Godin, Jacques Ferron et Alphonse Piché, en plus de côtoyer des écrivains tels Claude-Henri Grignon et Alfred DesRochers. En 30 ans d'édition, il a participé à la publication de plus de 300 titres.

Au dire de son ami, l'abbé Jean Panneton, Clément Marchand épousait le projet des écrivains, sans jamais perdre son sens critique. «Il savait dégager le positif tout en écartant certaines choses avec délicatesse. Jamais personne n'a été heurté par un type comme ça. Il avait le sens des relations humaines. Il parlait d'une façon toute simple, sans prétention, mais avec beaucoup de culture. C'était une musique de l'entendre.»

Neveu de l'auteur de Trente arpents, Philippe Panneton, l'abbé se souvient des liens puissants qui se nouaient entre les écrivains et l'éditeur. «Si on dressait la liste de tous ceux qui l'ont visité dans les années 40 à 70, on retrouverait pratiquement tous les noms importants de la littérature québécoise. Jusqu'à environ 95 ans, plusieurs jeunes auteurs allaient encore le voir. Clément avait le don d'écouter et d'inspirer ses interlocuteurs. Sa famille était fondée sur l'encre, et non sur des liens de chair et de sang.»

Son fils, Pierre Marchand, garde lui aussi de bons souvenirs de l'époque où les écrivains visitaient la maison familiale. «Je me rappelle avoir tiré au poignet avec Alfred DesRochers quand j'étais enfant. Lorsque certains écrivains restaient avec nous quelques semaines, ils participaient à la vie familiale. Mon père leur donnait des conseils de vie et des lignes de conduite en écriture. Il a toujours fait preuve d'une grande humanité.»

À titre d'auteur, Clément Marchand a publié Les soirs rouges à 20 ans, ce qui lui a valu le Prix Athanase-David, la plus haute distinction du gouvernement du Québec en littérature. Il a répété l'exploit trois ans plus tard avec Courrier des villages.

«Courrier des villages évoquait plusieurs thèmes campagnards, mais sans les tics des écrivains du terroir, soutient l'abbé Panneton. Soirs rouges, c'est l'histoire du petit rural qui s'en va dans la ville tentaculaire et qui se transforme. Ce sont probablement les plus beaux poèmes sur la vie industrielle et urbaine.»

Même si ses écrits étaient estimés et qu'il avait constamment une plume au bout des doigts, Clément Marchand a peu publié ses propres mots. «Je crois qu'il avait peur que ce qu'il écrivait soit moins bon que ce qu'il avait déjà produit, avance son fils. Mais la maison est pleine de manuscrits de poésie, d'essais sur le monde d'aujourd'hui et de correspondances avec des auteurs québécois et européens.

«Nous avons une énorme bibliothèque avec près de 15 000 volumes, dont plusieurs signés par les auteurs, ajoute-t-il. Avec la succession qui s'en vient, il va falloir se départir de ça. Je ne sais pas encore comment préserver son oeuvre. Ce ne sera pas facile.»




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