(Ottawa) Quelques centaines de personnes ont manifesté contre les mesures sanitaires et le gouvernement fédéral au centre-ville d’Ottawa, vendredi, ce qui n’a pas empêché la ville d’être l’hôte des habituelles festivités de la fête du Canada.

Mis à jour le 1er juillet
Sarah Ritchie et Marie Woolf La Presse Canadienne

La capitale fédérale était une fois de plus inondée de rouge et de blanc et bondée de personnes drapées de l’unifolié, mais contrairement au rassemblement de février dernier, la majorité des personnes présentes participaient à des activités officielles.

Il y avait une ambiance festive, bien que discrète, dans la capitale, où les principales festivités ont été déplacées de la Colline du Parlement au parc des plaines LeBreton et à la place des Festivals Zibi de l’autre côté de la rivière des Outaouais, à Gatineau.

Un grand nombre de policiers étaient présents dans tout le centre-ville d’Ottawa. Les festivaliers qui espéraient entrer sur la Colline ont dû se soumettre à des vérifications par des détecteurs de métaux et des fouilles de sacs.

Ces mesures de sécurité ont d’ailleurs frustré plusieurs personnes, qui ont refusé de s’y soumettre et ont choisi de quitter les lieux.

En fin d’après-midi, des policiers encadraient la marche lors de laquelle des centaines de manifestants ont chanté, crié des slogans et réclamé la démission du premier ministre Justin Trudeau. Les marcheurs se sont ensuite rassemblés autour du Monument commémoratif de guerre du Canada, où ils ont chanté l’hymne national, le « Ô Canada ».

Les autorités avaient prévenu qu’il n’y aurait aucune tolérance pour le « bruit inhabituel », le blocage des routes ou l’allumage de feux d’artifice ce week-end.

Brève perturbation

En après-midi, une femme, qui a refusé de donner son nom, a dit à la foule : « Tout ce qu’ils font est une violation de nos droits. C’est une violation du Code criminel. Faites votre travail, allez sur la Colline et abattez les gens qui ont créé la tyrannie. »

Personne ne l’a prise au mot. Les manifestants se sont dispersés peu de temps après. En tout, la perturbation a duré environ 20 minutes.

Pendant ce temps, la grande majorité des personnes présentes dans le centre-ville étaient là pour profiter de la chaude journée, le soleil ayant fait son apparition en fin d’après-midi. Les familles ont déambulé dans les rues fermées en mangeant de la crème glacée, en prenant des photos et en assistant à des spectacles de rue.

Le Service des règlements municipaux d’Ottawa affirme avoir donné 275 contraventions et remorqué 72 véhicules depuis mercredi.

Les organisateurs de la manifestation ont annulé un évènement, un pique-nique prévu au parc Strathcona dans la matinée, en raison d’un incident violent survenu jeudi soir au Monument commémoratif de guerre du Canada, où une grande foule s’était rassemblée pour marquer la fin d’un évènement baptisé « Marche pour la liberté ».

La police d’Ottawa affirme que quatre personnes ont été arrêtées après une altercation et allègue qu’un agent a été étranglé.

Patrimoine canadien signale que pour la première fois en 50 ans, les principales célébrations d’Ottawa sont déplacées hors de la Colline du Parlement, car il y a des travaux à l’édifice du Centre.

Cependant, les avions Snowbirds des Forces armées canadiennes n’ont pas survolé la région de la capitale comme prévu. Un problème technique récent a été corrigé, mais l’équipe a besoin de temps pour des vols d’entraînement et de maintenance avant de reprendre l’air le week-end prochain.

Les amendes seront plus élevées pour la violation de certains règlements municipaux, dont ceux pour bruit inhabituel, miction ou défécation sur les rues et les trottoirs, blocage d’une rue et ralentissement de la circulation.

Les amendes sont désormais de 1000 $ pour ces infractions, et la Ville affirme que son approche de tolérance zéro s’appliquera également aux incendies, aux feux d’artifice et aux détritus.