(Ottawa) Une des organisatrices de la manifestation près de la colline du Parlement, Tamara Lich, arrêtée jeudi et accusée d’avoir conseillé à autrui de commettre un méfait, restera derrière les barreaux au moins jusqu’à mardi.

Mis à jour le 19 février
La Presse Canadienne

Lich a comparu samedi devant la juge Julie Bourgeois de la Cour de l’Ontario, pour son enquête de remise en liberté. Celle-ci a annoncé qu’elle rendra sa décision mardi.

Son mari, Wayne Lich, a témoigné pour dire qu’il était venu à Ottawa à bord d’un vol privé. Le voyage aurait coûté 5000 $, mais la somme a été versée par « un homme très aimable » qu’il ne connaît pas vraiment.

Il a surpris la juge lorsqu’il a dit que le droit de manifester était protégé par le premier amendement qui, dans les faits, n’existe pas.

Mme Bourgeois l’a d’ailleurs interrompu : « Premier amendement ? C’est quoi ça ? »

M. Lich a répondu qu’il ne suivait pas la politique et voulait simplement s’assurer que sa femme est en sécurité.

Tamara Lich portait un couvre-visage dans le box des accusés d’une cour d’Ottawa. Elle dit vouloir retourner en Alberta avec son mari et ses enfants. Elle est prête à verser une caution de 5000 $, le maximum qu’elle dit pouvoir se permettre. Elle a promis de quitter Ottawa et de renoncer à être une porte-parole de la manifestation.

Pat King, un autre des principaux organisateurs, devra patienter jusqu’au début de la semaine prochaine pour sa comparution.

Le Service de police d’Ottawa a indiqué que King fait face à des accusations de méfait, d’avoir conseillé à autrui de commettre un méfait, d’avoir désobéi à un ordre de la cour et d’avoir conseillé d’entraver le travail de policer.

King a filmé sa propre arrestation sur Facebook, vendredi.

Il est l’un des plus de 100 personnes arrêtées vendredi à la suite des opérations policières visant à déloger les manifestants qui paralysent le cœur de la ville d’Ottawa depuis près de quatre semaines.

Un autre organisateur, Chris Barber, avait également été mis en état d’arrestation. Il fait face aussi à des accusations d’avoir conseillé à d’autres personnes de commettre un méfait, de désobéir à une ordonnance du tribunal et d’entraver le travail de la police.

Une juge de la Cour de justice de l’Ontario a déclaré vendredi soir qu’une caution pouvait être accordée à M. Barber. La juge Julie Bourgeois l’a libéré moyennant une caution de 100 000 $ et aux conditions qu’il quitte l’Ontario avant le 23 février, qu’il n’appuie pas publiquement le convoi et qu’il n’ait aucun contact avec les autres principaux organisateurs de la manifestation.

King, Lich et d’autres organisateurs du soi-disant « convoi de la liberté » ont également vu un gel temporaire de leurs comptes bancaires – y compris les fonds en bitcoins et en cryptomonnaie – à la suite d’une décision de la Cour supérieure de l’Ontario jeudi.