(Montréal) Il y a énormément de pain sur la planche, prévient le chef Ghislain Picard au terme d’une deuxième rencontre portant sur la suite à donner aux nombreuses recommandations de la Commission Viens sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, qui a été très dure envers Québec.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

Après cette réunion, qui a duré toute la journée lundi dans un hôtel de Montréal, la ministre des Affaires autochtones, Sylvie d’Amours, l’a qualifiée de « positive et constructive ».

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

La ministre des Affaires autochtones, Sylvie d’Amours

Il s’agit de la deuxième rencontre depuis le dépôt du rapport Viens, fin septembre, qui concluait que les Premières Nations du Québec sont victimes de discrimination systémique sur bien des plans.

Les recommandations de l’Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées font aussi partie de celles qu’ils vont tenter de mettre en œuvre.

Le rapport Viens comporte 142 appels à l’action et celui de l’Enquête nationale contient 231 recommandations.

« La tâche est colossale », a déclaré Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui coordonne l’action des différents chefs des Premières Nations dans ce dossier.

Appelé à discuter des priorités, il n’a pas voulu se prononcer car cette détermination fera partie des discussions qui auront lieu avec les chefs de toutes les nations impliquées. Il a toutefois souligné l’importance de se pencher sur les recommandations du rapport Viens portant sur la protection de la jeunesse, un sujet qu’il juge « préoccupant ».

Il s’inquiète aussi du sort de la Loi fédérale concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (projet de loi 92) qui vise à reconnaître et confirmer la compétence de ces nations au chapitre des services à l’enfance et à la famille. L’objectif est que les enfants soient placés dans des familles de leur communauté ou de leur nation, pour qu’ils restent près de leur culture. Mais Québec conteste toutefois cette loi.

En rendant son rapport, le juge à la retraite Jacques Viens, qui a présidé les travaux de cette commission, a fait valoir que le gouvernement du Québec devait annoncer sans tarder un train de mesures destinées à améliorer les conditions de vie des Autochtones et à leur fournir un meilleur accès aux services publics.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Le commissaire Jacques Viens

Lundi en fin après-midi, il est apparu que les participants en étaient encore aux étapes préliminaires de cet énorme chantier.

Résumant la journée, la ministre D’Amours a rapporté avoir convenu d’une « structure » pour déterminer comment les parties allaient travailler ensemble de « Nation à Nation ». Celle-ci a été proposée par les Premières Nations et les Inuits, a-t-elle souligné, sans fournir plus de détails.

M. Picard a quant à lui souligné l’importance de déterminer la « relation politique » entre les Premières Nations et le gouvernement pour aller de l’avant correctement et afin que leurs efforts ne soient pas vains.

Ils doivent encore déterminer qui supervisera la mise en œuvre des recommandations. Personne n’a encore reçu cette tâche, mais M. Picard a évoqué le Protecteur du citoyen du Québec et les juges de la Cour supérieure.

D’autres réunions auront lieu, dont une à laquelle le premier ministre François Legault devrait participer ce printemps, à une date non encore déterminée.

Lors de la première rencontre, en octobre dernier, les chefs avaient qualifié l’absence du premier ministre de rendez-vous manqué. Il n’était pas présent non plus à celle de lundi.