(Washington) La migration automnale des Canadiens retraités vers la Floride a été beaucoup moins importante qu’à l’accoutumée à cause de la pandémie de COVID-19.

James McCarten
La Presse Canadienne

Plus de 70 % des quelque 500 000 personnes qui s’en allaient généralement vers le sud à la fin de l’année ont plutôt choisi de rester au pays, selon l’Association canadienne des « snowbirds ».

Rose et Perry Cohen, un couple torontois, figurent parmi ceux qui ont choisi de retourner en Floride. Ils ont constaté qu’ils représentaient vraiment une minorité.

« Nous avons été stupéfaits de découvrir combien de personnes ne sont pas venues, dit M. Cohen. C’est calme ici. Je veux dire, il y a des voitures, il y a des gens, mais on se demande où est allé tout le monde. Beaucoup sont restés à la maison. Je suppose que la situation les a effrayés. »

Il se dit convaincu qu’en prenant les précautions appropriées comme porter constamment un couvre-visage, éviter les foules et se laver fréquemment les mains, le couple pourra se protéger aussi bien qu’il le fait à la maison.

Selon lui, les attitudes des Floridiens devant la COVID-19 ont beaucoup évolué depuis le printemps.

« Tout le monde porte un masque, respecte la distanciation physique, les marques sur le sol. Les gens font ce qu’ils sont censés faire, témoigne M. Cohen, qui est âgé de 74 ans. Quand on a commencé à constater toutes ces choses, que les gens prenaient plus leurs responsabilités, nous nous sommes sentis plus à l’aise. »

Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Avant de décider de renoncer à leur voyage annuel en Floride, Hascal et Sandra Rose ont étudié tous les pires scénarios qui pourraient survenir si l’un des deux était infecté aux États-Unis.

« Nous ne savons même pas à quel hôpital ils nous emmèneraient. Sandra pourrait être hospitalisée, je ne serai pas autorisé à la voir. Comment pourrais-je même lui parler, et vice versa, souligne M. Rosen. Et s’ils nous disent que nous devons rentrer chez nous ? Eh bien, la compagnie aérienne ne nous emmènera pas parce que nous avions attrapé le virus. Nous ne conduisons pas, donc nous allons juste être coincés quelque part. »

Les Rosen ont donc choisi de rester à Toronto, de jouer au bridge en ligne, de parler à leurs enfants au téléphone plusieurs fois par jour et d’utiliser Internet pour passer des commandes à l’épicerie, à la pharmacie et dans d’autres commerces essentiels.

« Nous nous sentons plus en sécurité ici que dans un pays étranger, a-t-il déclaré. C’est ici que nous sommes plus à l’aise. »

Martin Firestone, expert en assurance-voyage et président de Travel Secure, une entreprise établie à Toronto, dit qu’environ 80 % de sa clientèle est constituée de Canadiens plus âgés, dont les besoins en assurance changent après l’âge de 65 ans.

Et même si environ les deux tiers de ses clients ne vont pas vers le sud cette année, la demande de couverture d’assurance a augmenté ces dernières semaines, depuis l’arrivée des températures plus froides.

« Je ne crois pas que c’est le temps de voyage. Je fais du commerce, mais je dis à mes clients de réfléchir aux conséquences, raconte M. Firestone. C’est vraiment effrayant, mais mes ventes pour ce mois-ci ont explosé. »

M. Firestone, comme beaucoup de ses clients, attend avec impatience l’automne de l’année prochaine. Les Canadiens tireront probablement le meilleur parti de leur liberté retrouvée — à condition que les vaccins soient vraiment efficaces et que les restrictions aux frontières soient assouplies.

« Ça va être gros, espère-t-il. Sans vouloir prendre une posture “trumpienne”, cela va revenir plus fort que jamais. Nous allons tous apprécier ce que nous prenions pour acquis. »