(Manille) Un présumé terroriste de premier plan aux Philippines, soupçonné d’avoir décapité des otages, dont deux Canadiens et un Malaisien, s’est rendu après avoir été blessé au combat, ont annoncé vendredi des responsables philippins.

Jim Gomez
Associated Press

Le chef de la police nationale, le général Archie Gamboa, a déclaré jeudi soir qu’un commandant du groupe islamiste Abou Sayyaf, Anduljihad Susukan, avait capitulé au terme de négociations avec la police à Davao, dans le sud des Philippines, où il a été arrêté pour au moins 23 meurtres, six tentatives de meurtre et cinq enlèvements.

Il est le plus haut responsable d’Abou Sayyaf arrêté depuis le début de l’année. L’armée philippine mène depuis des années une offensive contre le groupe salafiste, inscrit sur la liste officielle des entités terroristes aux Philippines, au Canada et aux États-Unis, notamment, pour une série d’attentats à la bombe, d’enlèvements contre rançon et de décapitations. Ses combattants sont en grande partie des paysans et des villageois très pauvres qui se sont alignés sur l’idéologie de Daech (le groupe armé État islamique).

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Les responsables de la sécurité aux Philippines accusent Anduljihad Susukan et ses hommes d’avoir joué un rôle dans l’enlèvement transfrontalier de touristes et d’autres victimes dans l’État malaisien de Sabah, sur l’île de Bornéo.

Les responsables de la sécurité aux Philippines accusent Anduljihad Susukan et ses hommes d’avoir joué un rôle dans l’enlèvement transfrontalier de touristes et d’autres victimes dans l’État malaisien de Sabah, sur l’île de Bornéo.

Ils auraient notamment enlevé un citoyen malaisien qui a été décapité en 2015 dans le sud de la province philippine de Sulu. Ils sont aussi accusés d’avoir participé à l’enlèvement de deux Canadiens, John Ridsdel et Robert Hall, qui ont été décapités séparément en 2016 dans la même région. Un autre combattant d’Abou Sayyaf, Ben Yadah, considéré comme celui qui a assassiné les deux Canadiens, est toujours en fuite, a affirmé un haut gradé de l’armée.

Les deux Canadiens ont été décapités après l’expiration du délai fixé pour le versement d’une rançon. À l’époque, le premier ministre Justin Trudeau avait exhorté les autres gouvernements à ne pas payer de rançon à des groupes terroristes pour obtenir la libération des otages, afin de ne pas encourager d’autres enlèvements similaires.