(Toronto) L’Ontario ne se contentera pas d’une « mauvaise entente » en ce qui concerne les milliards d’aide financière pour les municipalités, a déclaré mercredi le premier ministre Doug Ford, alors que le fossé entre la province et le gouvernement fédéral au sujet du financement des municipalités semblait se creuser.

Shawn Jeffords
La Presse canadienne

M. Ford a déclaré mercredi qu’il était engagé dans des pourparlers actifs avec Ottawa pour garantir le financement des municipalités à court d’argent en raison de la pandémie de COVID-19.

Des maires ont affirmé plus tôt cette semaine qu’un programme d’aide des deux ordres de gouvernement supérieurs était nécessaire pour empêcher les augmentations de taxes et les compressions dans les services.

Le premier ministre a déclaré qu’il n’était pas disposé à se contenter de l’offre fédérale actuelle, à laquelle il manque plus d’un milliard de dollars, selon lui, pour répondre aux besoins des collectivités de l’Ontario.

« Si j’acceptais, les municipalités ne seraient pas très satisfaites du montant que le gouvernement fédéral propose actuellement », a soutenu M. Ford.

Pendant ce temps, le gouvernement Ford a présenté un nouveau projet de loi omnibus qui, selon le premier ministre, aidera à ce que l’économie de la province se remette de la pandémie de COVID-19.

Le projet de loi — baptisé Loi visant à favoriser la reprise économique face à la COVID-19 — propose de modifier 20 lois en vigueur qui régissent les écoles, les municipalités et le système de justice de la province.

Le ministre des Affaires municipales, Steve Clark, a déclaré que s’il était adopté, le projet de loi accélérerait les évaluations environnementales, offrirait de nouvelles protections aux consommateurs et aiderait à lutter contre le chômage.

PHOTO CHRIS YOUNG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre des Affaires municipales, Steve Clark

M. Clark a indiqué que le projet de loi créerait également une agence économique pour aider à attirer plus d’investissements internationaux dans la province.

Le projet de loi comprend également des mesures annoncées cette semaine par le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, pour mettre fin aux suspensions pour les élèves de la maternelle à la 3e année.

La leader du NPD à la Chambre, Peggy Sattler, a estimé que le projet de loi constituait un abus du pouvoir du gouvernement en vertu de l’état d’urgence actuel dans la province.

Le leader du Parti libéral à la Chambre, John Fraser, a dénoncé que certains éléments, comme la modification de la façon dont les juges de paix sont nommés, n’ont rien à voir avec la relance à la suite de la pandémie.

Le gouvernement devait également déposer une motion mercredi pour prolonger l’état d’urgence de la province jusqu’au 24 juillet.

L’état d’urgence actuel déclaré au début de la pandémie de COVID-19 expirera le 15 juillet.

Le bureau de M. Ford a déclaré que le gouvernement souhaitait prolonger la mesure afin de garantir qu’il n’y ait pas de vide entre la fin de cette déclaration de l’état d’urgence et un nouveau projet de loi prorogeant les mesures d’urgence de l’Ontario.

La solliciteure générale, Sylvia Jones, a présenté ce projet de loi, affirmant que la province devra maintenir certaines mesures d’urgence en place dans les mois à venir.

Mercredi, l’Ontario a signalé 118 nouveaux cas de la COVID-19 et neuf nouveaux décès dus à ce coronavirus, portant le bilan à 2700 personnes décédées.

Le nombre total de cas s’élève désormais à 36 178, dont 31 805 sont classés comme résolus.

La province a également rapporté 202 nouveaux cas résolus et effectué plus de 22 832 tests à la COVID-19 au cours des dernières 24 heures.

Le nombre de personnes hospitalisées en raison du virus, de ceux qui se trouvent aux soins intensifs et de ceux qui sont sous respirateurs a légèrement diminué.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a déclaré que 30 des 34 bureaux de santé publique de la province ont signalé cinq nouveaux cas ou moins, et 18 n’en ont signalé aucun.