La grève des employés syndiqués des réserves fauniques de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) a commencé dans la nuit de vendredi à samedi, et doit durer jusqu’à jeudi matin. Les sites de la société d’État restaient ouverts, en cette saison de chasse au gros gibier, mais fonctionnaient à effectifs réduits.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Quelque 500 membres des 13 réserves à travers le Québec, de Sépaq Anticosti, du service de ventes et de réservations du siège social et de l’Auberge Port-Menier débrayent. Si les activités des chasseurs ne sont pas compromises, les services, notamment ceux de l’entretien, des guides et des repas, sont touchés par l’absence des employés syndiqués. Environ 45 cadres doivent assurer une partie du travail pendant la grève.

Le point d’achoppement reste les salaires. « On espérait que l’offre soit bonifiée [après le rejet de l’entente de principe, survenue en juillet], mais l’offre n’a pas bougé », a précisé au téléphone le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle. La partie syndicale demande notamment l’augmentation de 2 %, pour correspondre au coût de la vie, précise-t-elle. Les négociations ont été rompues mercredi.

« Les nouvelles demandes du syndicat avaient un coût 50 % plus élevé que dans l’entente de principe », a commenté le porte-parole de la Sépaq Simon Boivin, jugeant ces demandes « déraisonnables ».

Les syndiqués avaient rejeté à 60 % l’entente de principe survenue dans la nuit du 19 au 20 juillet, après une grève touchant certains sites, mais avant qu’elle ne soit étendue à d’autres.

M. Boivin estime que l’absence de guides n’apporte pas de dangers particuliers pour les chasseurs. Par contre, l’expérience risque d’être différente.

« Les clients qui prennent un guide, c’est un type particulier, ils ne veulent pas de misère, explique le guide chasseur de la réserve faunique des Laurentides Stéphane Harvey. Ils veulent avoir un beau séjour sans problème. » Il s’assure donc de faire des repas, de les amener dans le bois et de faire sortir la bête tuée, entre autres.

Le SFPQ a envoyé une mise en demeure à la Sépaq vendredi, craignant le recours à des briseurs de grève, notamment en employant des guides privés. La Sépaq a indiqué que « le plan de contingence respecte les dispositions du Code du travail ».