(Montréal) La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré vendredi qu’elle avait évoqué le cas de Benjamin Tomlin, un citoyen canadien emprisonné à Cuba, lors d’une réunion avec son homologue cubain plus tôt cette semaine.

Giuseppe Valiante et Emerald Bensadoun
La Presse canadienne

La ministre a rejeté les affirmations de la famille de Benjamin Tomlin et de l’éminent avocat constitutionnaliste montréalais Julius Grey selon lesquelles le Canada n’en ferait pas assez pour protéger ses citoyens à l’étranger.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

La Presse canadienne a rapporté mercredi que M. Tomlin, âgé de 46 ans, avait été condamné en mars à dix ans de prison à Cuba parce qu’il aurait eu une relation sexuelle avec une fille de 15 ans.

M. Tomlin clame son innocence, et son avocat canadien, Ricardo Alcolado Perez, soutient que son client a probablement été piégé après une fête nocturne dans une ville côtière près de la station balnéaire de Varadero.

Me Alcolado Perez a déclaré que les procédures judiciaires étaient entachées d’irrégularités et qu’aucun des témoins dans l’affaire — y compris la personne mineure avec laquelle il est accusé d’avoir eu une relation sexuelle —, ne l’a identifié devant le tribunal.

M. Tomlin a fait appel de la condamnation prononcée en mars devant la Cour suprême à Cuba. Quelques heures après la publication de l’article de La Presse canadienne mercredi — et le jour même de la visite officielle de Mme Freeland à Cuba —, Me Alcolado Perez avait été informé que le tribunal cubain avait rejeté l’appel.

Mme Freeland a affirmé, vendredi, en conférence de presse, qu’elle avait « effectivement évoqué le dossier de Ben Tomlin » durant sa rencontre cette semaine avec le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Eduardo Rodriguez Parrilla.

« Une très grande partie de mon travail, de mon mandat politique et de celui de nos diplomates du monde entier consiste à fournir un soutien consulaire aux Canadiens en détention dans le monde entier », a-t-elle déclaré.

La sœur de Benjamin Tomlin, Caroline Simpson, de Montréal, a soutenu en entrevue vendredi que son frère n’avait pas reçu l’aide appropriée de responsables consulaires ou d’Affaires mondiales Canada.

Elle a déclaré que peu après l’arrestation de son frère à Cuba en 2018, un employé de l’ambassade canadienne à La Havane lui avait affirmé que les conditions dans la prison où se trouvait son frère étaient bonnes. Selon ses dires, l’employé lui avait dit qu’il y avait une cantine où il pourrait acheter des aliments nutritifs et que des cartes d’appel internationales étaient vendues, mais rien de tout cela n’était vrai.

Mme Simpson et Me Alcolado Perez ont déclaré qu’aucun représentant du Canada n’était présent au procès et que ni l’ambassade ni le gouvernement canadien ne fournissait de services de traduction.

L’avocat montréalais Julius Grey, qui défend actuellement un autre Canadien détenu à Cuba, a affirmé lors d’une entrevue cette semaine que le Canada était trop « non interventionniste » lorsque des citoyens sont détenus à l’extérieur du pays. Il a déclaré que le Canada devait faire beaucoup plus pour défendre ses citoyens à l’étranger.

Me Alcolado Perez a annoncé qu’il entamerait le processus de demande d’extradition de Benjamin Tomlin, un employé de la Corporation de développement des investissements du Canada (CDEV), afin qu’il purge le reste de la peine de 10 ans d’emprisonnement dans une prison canadienne.