(Ottawa) Les enfants autochtones font face aux taux de pauvreté les plus élevés du pays, avec près d’un sur deux se trouvant dans un ménage à faible revenu, indique une nouvelle étude qui montre que la situation s’est peu améliorée au cours de la dernière décennie.

La Presse canadienne

L’étude publiée par Upstream Institute, et rédigée par des chercheurs de l’Assemblée des Premières Nations et du Centre canadien de politiques alternatives, révèle que 47 % des enfants des Premières Nations vivant dans les réserves et hors réserve se trouvent en situation de pauvreté.

Ce chiffre atteint 53 % lorsque l’on considère uniquement les enfants des Premières Nations vivant dans des réserves — soit le taux de pauvreté chez les enfants le plus élevé au Canada.

Le taux de pauvreté infantile dans les réserves est environ trois fois plus élevé que le taux à l’échelle du pays de 17,6 % enregistré lors du recensement de 2016.

Après avoir approfondi une décennie de données de recensement, les chercheurs ont constaté que les taux de pauvreté avaient à peine baissé pour la plupart des communautés autochtones entre les recensements de 2006 et 2016.

Parallèlement, le nombre d’enfants dans les réserves est resté stable durant cette période à 120 000, ce qui veut dire qu’il ne s’agit pas d’une question d’une population en croissance faisant peser un poids plus lourd sur les programmes sociaux et la croissance économique. Les chercheurs estiment que le portrait « pointe vers un échec à entreprendre des solutions efficaces ».

Point positif au Québec

Néanmoins, il y avait quelques exceptions.

Les taux de pauvreté chez les enfants vivant dans les réserves au Québec étaient inférieurs en 2016 à ceux de toutes les autres provinces, en grande partie grâce aux accords conclus avec les gouvernements des Premières Nations sur le partage des revenus provenant des ressources naturelles.

Le taux de pauvreté infantile chez les Métis est passé de 27 % à 22 %, mais cela s’est fait alors que le nombre de personnes se déclarant métisses est monté en flèche. Les chercheurs estiment que la baisse des taux de pauvreté pourrait être due au fait que davantage de personnes plus aisées se décrivent comme Métis dans les formulaires de recensement.

Les taux de pauvreté infantile chez les Inuits sont passés de 27 % à 25 % entre 2006 et 2016. Cependant, environ la moitié de la population inuite est exclue des statistiques de pauvreté car elle réside dans les territoires. Statistique Canada ne croit pas que ses mesures de faible revenu y seraient fiables.

Les statistiques officielles sur la pauvreté n’examinent pas les situations dans les réserves, sauf lors des recensements, une situation qui doit changer selon les chercheurs pour mieux suivre les efforts de lutte contre la pauvreté.

Plus tôt cette année, Statistique Canada a signalé qu’en 2017, l’année la plus récente disponible, environ 622 000 enfants vivaient sous le seuil de pauvreté officiel récemment adopté, soit une baisse de 278 000 depuis 2015.

« Il est temps de reconnaître officiellement que la pauvreté existe dans les réserves et dans les territoires », indique l’étude. « Les causes de la pauvreté chez les peuples autochtones sont variées. Les solutions doivent tenir compte de cette complexité. Une première étape nécessaire nécessite un ensemble d’objectifs clairs et des critères transparents. »