Le bureau du journal d’une communauté autochtone ontarienne a été victime d’une « attaque ciblée » en début semaine a révélé l’éditrice jeudi.

Liam Casey
La Presse canadienne

Lynda Powless, propriétaire de l’hebdomadaire Turtle Island News dans la communauté des Six Nations de la rivière Grand, près d’Hamilton, a raconté que l’incident s’est produit vers 5 h, lundi matin. Un suspect non identifié, au volant d’une camionnette, aurait foncé délibérément sur l’immeuble.

« Les policiers m’ont dit que l’on était visé, a-t-elle confirmé en entrevue. C’était une attaque contre la liberté d’expression et contre la liberté de la presse dans les communautés des Premières Nations. »

Le service de police et d’incendie des Six Nations n’a pas répondu à nos demandes pour commenter cette affaire.

Selon Mme Powless, des images de caméras de sécurité montrent une camionnette noire s’écraser contre la façade nord de l’immeuble. À la suite de l’impact, les caméras ont fondu sous la chaleur des flammes et le suspect n’a pas pu être filmé, a-t-elle révélé.

L’éditrice affirme que les policiers lui ont précisé que de l’essence aurait été utilisée pour déclencher l’incendie.

« Ça m’a sérieusement effrayée parce que le bâtiment est en bois, a confié Mme Powless. Dieu merci, personne n’a été blessé. »

Les policiers auraient également mentionné que le véhicule aurait été volé à Hamilton.

« Clairement, c’est quelque chose qui a été planifié par quelqu’un. On n’a aucune idée pourquoi, assure Lynda Powless. Je ne sais pas ce qu’on a pu faire récemment, mais des gens sont en colère contre nous… Peut-être que c’est quelque chose sur quoi on travaille ou quelque chose qu’on a fait dans le passé. »

Un pompier du service des Six Nations qui était en route pour se rendre au travail aurait été le premier témoin de l’incendie et aurait appelé les services d’urgence, selon l’éditrice.

Lynda Powless dit avoir reçu un appel de l’entreprise de sécurité concernant l’alarme d’incendie vers 5 h 10. Elle s’est immédiatement rendue sur place pour voir les dégâts causés par les flammes.

Les bureaux contenant le matériel technologique et de photographie du journal ont été détruits de même qu’une partie des espaces de travail des journalistes. L’entreprise aurait subi des pertes de plusieurs milliers de dollars en matériel informatique et photographique.

La majorité des archives photographiques est également partie en fumée, ainsi qu’une masse importante de documents.

Pour le moment, les dommages sont évalués à 150 000 $, mais le montant pourrait encore grimper fortement si les ingénieurs déterminent que le toit a subi des dommages structuraux.

« Je suis éditrice d’un journal autochtone, dans une communauté de Première Nation, je n’ai pas cet argent », a reconnu Mme Powless en soulignant que l’argent des assurances ne couvrirait sans doute pas l’ensemble des coûts.

Malgré l’incendie, l’équipe de 12 employés a su se retrousser les manches pour respecter son heure de tombée mardi et publier son édition hebdomadaire du journal.