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Un Québécois sur deux pense que le bilinguisme est exigé au travail

Même si 83 % des répondants jugent que travailler... (Photo archives Bloomberg)

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Même si 83 % des répondants jugent que travailler en français est un droit, 70 % estiment que travailler en anglais est nécessaire pour augmenter leurs chances d'avancement professionnel et 50 % croient qu'il est normal de devoir travailler dans une autre langue que le français.

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La Presse Canadienne

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS) Manon Massé a provoqué un tollé en pleine campagne électorale lorsqu'elle a affirmé que l'anglais était une langue officielle du Québec, un statut pourtant exclusivement réservé au français. Or, un sondage publié vendredi par la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) laisse entendre qu'une majorité de Québécois estime qu'à défaut d'être une langue officielle de l'État québécois, l'anglais est certainement une langue officielle au bureau.

La moitié des travailleurs interrogés croit en effet que le bilinguisme est exigé pour occuper certains postes au sein de leur entreprise et 80 % d'entre eux jugent que cette exigence est justifiée.

Ils sont également 71 % à utiliser une autre langue que le français au travail presque tous les jours ou quelques fois par semaine. Sans surprise, cette proportion est plus élevée à Montréal qu'à Québec et en région : 82 % dans la métropole contre 50 % dans la capitale nationale et 58 % ailleurs dans la province.

Si 41 % des travailleurs ayant participé au sondage ont recours à la langue de Shakespeare pour communiquer avec des employés d'entreprises situées à l'extérieur du Québec, 38 % d'entre eux s'en servent pour échanger avec des clients, des usagers ou des collègues et 30 % avec un supérieur.

Même si 83 % des répondants jugent que travailler en français est un droit, 70 % estiment que travailler en anglais est nécessaire pour augmenter leurs chances d'avancement professionnel et 50 % croient qu'il est normal de devoir travailler dans une autre langue que le français.

En vertu de la Charte de la langue française, il est interdit à un employeur d'exiger la connaissance d'une langue autre que le français pour l'accession à un emploi ou à un poste, sauf lorsque les tâches à accomplir requièrent une telle connaissance.

L'anglais, langue officielle ?

En début de campagne, QS et sa co-porte-parole Manon Massé avaient créé une controverse après la publication d'un gazouillis sur le compte officiel du parti disant « English is an official language of Quebec and Canada », soit « l'anglais est une langue officielle du Québec et du Canada ».

Mme Massé, aspirante première ministre de QS, avait même réitéré ces propos, tant en anglais qu'en français. Le lendemain, son collègue Gabriel Nadeau-Dubois avait attribué le message véhiculé par le gazouillis et Manon Massé respectivement à l'inexpérience d'un responsable des réseaux sociaux du parti et aux difficultés de Mme Massé à s'exprimer dans la langue de Shakespeare.

« C'est strictement une erreur », avait-il assuré. Pourtant, même en français, Manon Massé avait clairement lancé : « ce que je dis, c'est qu'actuellement, puisque nous sommes dans le Canada, l'anglais est une langue officielle au Québec ».

Le sondage de la FTQ a été réalisé en ligne par la firme Léger auprès de 1500 répondants, dont 767 travailleurs, entre le 28 mars et le 7 avril 2018.




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