Le Parti québécois presse la ministre de la Sécurité Lise Thériault de rappeler à Ottawa les consensus québécois en matière de contrôle des armes à feu.

Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

Le député péquiste Pascal Bérubé s'est étonné, vendredi, que Mme Thériault demeure muette, deux jours après une annonce de modifications du gouvernement fédéral.

M. Bérubé a remis en question le sens des priorités de Mme Thériault, qui n'est pas intervenue dans le dossier alors qu'elle a pourtant réagi par communiqué, jeudi, à une modification réglementaire qui permet maintenant aux Québécois de rapporter chez eux de l'alcool acheté dans d'autres provinces.

Au cabinet de Mme Thériault, son attaché de presse, Jean-Philippe Guay, a expliqué vendredi que la ministre analyse actuellement les mesures annoncées par le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, qui seront inclus dans un projet de loi attendu à l'automne.

M. Guay a précisé que Mme Thériault a discuté du dossier avec M. Blaney, qui l'a appelé après avoir esquissé, mercredi, les orientations du gouvernement.

Ottawa veut notamment faciliter le transport des fusils, mais aussi imposer un cours de maniement d'armes à ceux qui s'en procurent pour la première fois.

Dans une entrevue téléphonique, M. Bérubé a affirmé que le silence de la ministre envoie le message que le Québec consent aux propositions fédérales, qui pourraient empiéter sur ses compétences et aller à l'encontre de ses positions traditionnelles.

«Je comprends qu'au lieu de réaffirmer la position traditionnelle du Québec sur les armes à feu et défendre notre juridiction, elle a plutôt choisi de faire une sortie publique sur la possibilité de s'acheter de la bière en Ontario et de la ramener au Québec», a-t-il dit.

Alors que les parlementaires québécois ont répété à l'unanimité la volonté québécoise de maintenir l'encadrement des armes à feu, l'annonce de M. Blaney, dans un club de tir, montre que les conservateurs tentent une nouvelle fois de plaire à leur électorat opposé aux mesures de contrôle, a dit M. Bérubé.

«Le gouvernement fédéral choisit de faire une sortie dans un club de tir, ce n'est pas la sécurité du public qui l'importe, c'est de conforter cette clientèle, a-t-il dit. L'opération est très grosse et un peu comme dans d'autres dossiers, que ce soit l'autorité des marchés financiers, on attend toujours que le fédéral soit rendu très avancé dans ses intentions avant de réagir timidement.»

M. Bérubé a établi un lien entre le silence actuel de Mme Thériault et ses difficultés à gérer une triple évasion héliportée, dans une prison de Québec.

«Je sais que le premier ministre lui a demandé d'être muette sur certains enjeux après la crise qu'on a connue avec les évasions, mais sur cet enjeu, je la rassure, la position est déjà connue, déjà écrite, elle n'a qu'à la réaffirmer», a-t-il dit.