Les manifestations du mouvement de protestation Idle No More pourraient «éroder l'appui» dont il jouit, selon un sondage d'opinion publié lundi.

Mis à jour le 21 janv. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon cette enquête, réalisée auprès de 1626 Canadiens, 49% des personnes interrogées ne soutiennent pas le mouvement, 39% y sont favorables et 12% n'ont pas d'opinion.

Ce résultat semble lié aux dernières manifestations comme le barrage de ponts, de routes ou de lignes de chemin de fer.

Le président de Forum Research, Lorne Bozinoff, croit que les actions de la semaine dernière ont permis d'attirer l'attention de la population mais ne l'ont pas ralliée à la cause amérindienne.

«Ils bénéficient d'une certaine sympathie dans la populationcanadienne, mais pas pour des choses comme les barrages», a-t-il dit.

Paradoxalement, 52% des Canadiens ayant des racines autochtones ont dit ne pas appuyer Idle No More. M. Bozinoff explique que le mouvement «fait appel à un segment particulier de la population, mais peut-être pas au groupe le plus important des Premières Nations».

Le sondage montre également que les journées d'action des 16 et 17 janvier, qui ont touché directement 9% de la population, n'ont poussé que 14% des Canadiens à encourager le mouvement.

Toujours selon l'enquête, 22% des Canadiens ignorent encore l'existence d'Idle no More.

Le nom du mouvement Idle No More (qui peut se traduire par «Fini l'apathie») reflète l'impatience du million d'Autochtones face au reste de la société qui semble ignorer leur détresse, notamment sur le plan du logement et des services publics.

La rencontre de la semaine dernière entre certains chefs et le premier ministre Stephen Harper, censée améliorer le dialogue, n'a pas produit de résultats concrets, aux yeux de ceux qui n'y ont pas participé.