Les orages de dimanche n'auront donné qu'un très bref répit aux Québécois accablés par la chaleur: la température ressentie devrait grimper à 35 °C lundi et à 38 °C mardi, ce qui fait craindre une vague de coups de chaleur et de nouveaux incendies de forêt.

Vincent Larouche LA PRESSE

Le mercure a chuté brutalement dans la grande région de Montréal vers 15h, dimanche, lorsque la pluie s'est mise à tomber. À Environnement Canada, la météorologue Roberta Diaconesco a observé une chute rapide de huit degrés.

«On était à 30,2 °C, et une heure plus tard on était à 22,1 °C. Mais on garde notre avertissement d'humidité et de chaleur accablante, car ça va remonter», prévient-elle.

Les pointes de 35 et 38 °C, en tenant compte du facteur humidex, vont donc forcer pompiers forestiers et autorités médicales à demeurer à l'affût au cours des deux prochains jours - jusqu'au retour de températures un peu plus modérées, mercredi.

Hôpitaux

L'Agence de la santé de Montréal surveille la situation de près, même si la vague de chaleur des derniers jours n'a pas causé de hausse de l'achalandage dans les hôpitaux ou des transports par ambulance.

«Il n'y a pas de signes anormaux pour l'instant, mais on est sur le pied d'alerte. Des mesures sont déjà en place dans les établissements de santé, comme surveiller les gens, alléger les diètes, donner plus de bains et de douches, fournir des serviettes mouillées», explique la Dre Lucie-Andrée Roy, affectée à la gestion de la canicule.

«On rappelle aux gens que la meilleure chose à faire est d'aller chercher un endroit climatisé, pour donner un bon répit à son corps. Sinon, c'est le temps de rester à l'ombre et de profiter des jeux d'eau et des piscines. Ceux qui restent chez eux devraient boire beaucoup, prendre des douches et des bains et se rafraîchir au besoin avec des serviettes d'eau fraîche», dit-elle.

Urgence-Santé a mobilisé du personnel supplémentaire pour répondre à d'éventuels appels d'urgence liés à la chaleur.

Pompiers forestiers occupés

Par ailleurs, les pompiers forestiers combattaient toujours 17 incendies de forêt en fin d'après-midi, et de nombreux endroits restaient à inspecter après le passage de la foudre, qui pourrait avoir allumé plusieurs autres foyers.

Malgré l'interdiction de faire des feux à ciel ouvert dans plusieurs régions du Québec, les incendies de forêt n'ont cessé de se multiplier au cours des derniers jours: au moins 13 nouveaux brasiers ont pris naissance dans la seule journée de samedi. La majorité a été causée par l'activité humaine.

«Ils sont généralement dans des secteurs où il y a interdiction de faire des feux à ciel ouvert. Ce ne sont pas nécessairement des feux de camp qui en sont à l'origine, mais c'est surtout l'activité humaine qui est en cause. On rappelle qu'il faut être très prudents», explique Marie-Louise Harvey, porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

La SOPFEU dispose de 14 avions-citernes et de 22 hélicoptères pour protéger les forêts. Puisque les régions de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont moins touchées par les incendies à l'heure actuelle, l'organisme a déplacé des effectifs vers l'Outaouais, l'Abitibi-Témiscamingue et la région de Laurentides-Lanaudière, des secteurs plus affectés.

Le gouvernement a mis en place l'interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité dans une série de MRC et de territoires de ces régions jeudi dernier. À ce moment, la SOPFEU faisait déjà état d'un nombre d'incendies de forêt de 10% supérieur à la moyenne pour l'année en cours. Environ 80% d'entre eux seraient liés à l'activité humaine, mais la météo n'a pas aidé.

«Tout a commencé au mois de mars. Les températures élevées ont fait fondre la neige rapidement. Les secteurs qui sont touchés aujourd'hui ont reçu très peu de précipitations depuis le mois de mars. Il y a très peu d'humidité et l'impact est majeur sur la sécheresse», affirme Mme Harvey.