Des résidants évacués de Slave Lake ayant pu retourner brièvement dans leur ville à bord d'autocars, lundi, ont compris pourquoi les autorités leur interdisent d'y retourner.

Publié le 23 mai 2011
Bob Weber LA PRESSE CANADIENNE

Une semaine après le feu de forêt qui a détruit le tiers des bâtiments de la ville de Slave Lake, en Alberta, quelque 250 sinistrés ont pu retourner brièvement dans la région pour y constater l'ampleur des dégâts.

«Je me sens beaucoup mieux maintenant», a raconté Brenda Derkoch à la sortie de l'autocar qui l'a reconduite au centre d'évacuation d'Athabasca.

«Ma maison a disparu, celle de tous mes voisins aussi, mais nous avons encore toutes nos écoles et l'hôpital. Il y a tellement de gens qui travaillent fort pour nous là-bas», a-t-elle ajouté.

Laisser derrière eux leur ville en cendres n'a toutefois pas été chose facile.

«On dirait qu'une bombe nucléaire est tombée sur Slave Lake», a illustré Gerry Gliege, avant d'ajouter qu'il était difficile de reconnaître leur propriété parmi toutes les ruines.

Au total, cinq véhicules ont quitté des centres d'évacuation de trois villes différentes pour se rendre à Slave Lake lundi. Quelque 250 autres sinistrés auront l'occasion d'en faire de même mardi.

Personne n'a été autorisé à quitter les autocars pour des raisons de sécurité.

«Lorsque le véhicule a commencé à circuler parmi les quartiers, les larmes ont monté aux yeux de plusieurs d'entre nous. Nous avons échangé des accolades pendant quelques minutes», a relaté Dave Derkoch.

La décision d'organiser de tels circuits en cars a été prise dimanche soir lors d'une réunion avec les sinistrés. Des résidants frustrés ont exigé des réponses de la part des autorités quant au moment où ils seraient autorisés à retourner dans leur maison.

La province avait annoncé par voie de communiqué, samedi, que l'ordre d'évacuation pour Slave Lake était prolongé d'au moins une semaine supplémentaire.

Le document mentionnait par ailleurs qu'il serait imprudent de retourner dans le secteur et que toutes les demeures avaient été inspectées pour repérer de possibles fuites de gaz ou d'autres dommages.