Une petite majorité des Québécois - 53% - trouve que les automobilistes manquent de courtoisie, selon un sondage effectué à la demande de la Société d'assurance automobile du Québec.

André Noël LA PRESSE

Près de six personnes interrogées sur dix (58%) estiment que les conducteurs québécois sont agressifs. Le sondage a été effectué en octobre par la firme Léger Marketing et remis à la SAAQ en décembre.

Les répondants ont identifié les comportements les plus irritants:

> Les automobilistes «qui vous coupent»;

> Ceux qui «nous collent au derrière»;

> La vitesse excessive;

> Les gestes vulgaires, les invectives, les manifestations d'impatience;

> Les coups de klaxon intempestifs.

En revanche, les Québécois ne pensent pas que les comportements suivants sont assez fréquents pour devenir irritants:

> Le refus de céder le passage;

> Les automobilistes qui zigzaguent dans le trafic, qui ne signalent pas pour changer de voie;

> Ceux qui parlent au téléphone cellulaire en conduisant.

La majorité des Québécois (85%), et surtout des Québécoises, estime que le manque de courtoisie sur la route est un problème important. Ils se montrent critiques envers les autres conducteurs mais, sans surprise, ils jugent leur propre conduite plutôt exemplaire. En effet, 98% d'entre eux considèrent qu'ils sont eux-mêmes assez courtois ou très courtois. La même proportion a affirmé ne même pas klaxonner ou faire un geste disgracieux lorsque d'autres conducteurs manquent de courtoisie à leur égard.

La moitié des Québécois (51%) ont tendance à déplorer également le comportement des cyclistes, qu'ils trouvent peu ou pas du tout courtois. Mais ils sont une minorité à dénoter des cas de rage au guidon: 72% d'entre eux les trouvent peu ou pas du tout agressifs. Ils n'apprécient pas les cyclistes lorsqu'ils ne respectent pas les priorités ou lorsqu'ils roulent en plein milieu de la rue, ou loin de l'accotement ou des trottoirs. À noter que la majorité des Québécois affirment enfourcher eux-mêmes un vélo à un moment ou à un autre de l'année.

La majorité des répondants n'avaient rien à reprocher aux piétons: 68% d'entre eux les trouvent courtois.

Une bonne majorité des gens (72%) sont d'avis que le manque de courtoisie affecte leur sentiment de sécurité sur la route. De façon paradoxale, ils ont malgré tout un sentiment de sécurité (87%) lorsqu'ils sont au volant. En revanche, le sentiment d'insécurité est particulièrement présent chez les cyclistes. La moitié d'entre eux ne se sentent pas en sécurité à vélo. Ils sont nombreux (37%) à dire que les automobilistes ne font pas attention à eux. Ils déplorent aussi la vitesse excessive des voitures et le manque de pistes cyclables. Environ le quart des piétons ne se sentent pas en sécurité.

Par ailleurs, une autre étude commandée à la SAAQ à Léger Marketing, intitulée Les jeunes et la sécurité routière, montre que bien des jeunes conducteurs écrivent des textes sur leur téléphone cellulaire tout en conduisant. Cette étude n'est pas le résultat d'un sondage, mais de rencontres avec des groupes de jeunes conducteurs âgés de 16 à 24 ans.

«La plupart des jeunes disent envoyer des messages textes alors qu'ils sont au volant, soulignent les auteurs de l'étude. Plusieurs nous expliquent même avec force et détails leur manière d'envoyer une message texte (leur position, technique, etc.) pendant qu'ils conduisent leur véhicule.»

Selon la perception des jeunes, il serait moins dangereux d'envoyer un texto que de parler au téléphone en conduisant. «Les jeunes tendent à minimiser la dangerosité (du geste) en invoquant toutes sortes de prétextes, tels que la brièveté des messages, le fait d'envoyer un texto seulement quand on est pris dans la circulation ou encore sur la grande route (...) La nécessité de rester en contact avec ses amis transcende donc l'aspect sécuritaire de la conduite d'une automobile.»

Enfin, plusieurs jeunes estiment qu'il est plus fréquent de voir un jeune conduire après avoir pris de la drogue que de l'alcool. Et cela, pour les raisons suivantes: il est plus facile d'obtenir de la drogue que de l'alcool quand on est âgé de moins de 18 ans; les jeunes estiment qu'il est moins dangereux de conduire drogué que soûl; la crainte de perdre son permis est beaucoup plus faible.

Le sondage et l'étude sur les jeunes ont été transmis par la SAAQ à La Presse à la suite d'une demande déposée en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Avec la collaboration de William Leclerc