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Les Méchins pleure la soldate Karine Blais

Des soldats canadiens ont transporté le corps de... (Photo Reuters)

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Des soldats canadiens ont transporté le corps de leur compatriote, la soldate Karine Blais, sur la base candienne de Kandahar, hier.

Photo Reuters

Le petit village de Les Méchins, dans le Bas-Saint-Laurent, pleurait hier la mort d'une de ses filles, la cavalière Karine Blais, tuée lundi par une bombe artisanale au cours d'une patrouille des Forces canadiennes en Afghanistan.

«C'était une jeune fille très sociable, très joyeuse, qui avait la vie devant elle», a confié à La Presse son parrain Mario Blais, joint à son domicile dans ce village baigné par le fleuve et comptant 1300 âmes.

 

«Elle était très jeune pour être là, a dit le maire Donald Grenier. Pour une petite communauté comme la nôtre, la mort de Karine suscite beaucoup de réflexions, d'interrogations et de questions.»

Âgée de seulement 21 ans, la jeune femme, membre du 12e Régiment blindé du Canada basé à Valcartier, devient le 117e soldat - et la deuxième femme membre des Forces - à être tué depuis le début de la mission en 2002.

«À nos yeux, tu étais une militaire au leadership dynamique et dévoué pour ton régiment. Tu adorais ton travail et tu étais fière de toi. (...) Tu es notre rayon de soleil et tu seras toujours dans nos coeurs. Ton sens de l'humour et ta vivacité resteront à jamais dans nos souvenirs», a indiqué la famille dans une déclaration officielle.

Enrôlée le 3 février 2006, la cavalière Blais était partie pour l'Afghanistan il y a à peine deux semaines. Sa mort survient alors que quelque 1640 soldats de Valcartier sont actuellement déployés en Afghanistan pour les six prochains mois.

Portant le grade de cavalier, soldat appartenant aux blindés, Karine Blais se trouvait à bord d'un véhicule en patrouille sur une route secondaire du district de Shah Wali Knot, au nord-ouest de Kandahar, au moment de la détonation d'un engin explosif improvisé, lundi, vers 17h, heure locale.

Quatre autres soldats canadiens ont été sérieusement blessés dans l'explosion. Ils ont pu être évacués vers l'aérodrome de Kandahar en dépit d'une violente tempête de sable et d'un orage qui ont balayé la région au même moment.

«Il n'y avait aucun signe de combat et ils roulaient sur une route secondaire qui avait déjà été patrouillée auparavant», a déclaré à Kandahar le lieutenant-colonel Jocelyn Paul, commandant du groupement tactique du 2e bataillon du Royal 22e régiment auquel était rattachée l'unité de la cavalière Blais.

Questionné par les journalistes sur le fait qu'elle est la seconde soldate à laisser sa vie en Afghanistan, le commandant Paul a déclaré que les FC ont déployé beaucoup d'efforts au cours des dernières années pour intégrer les femmes dans toutes les fonctions, incluant les métiers de combat.

«Je dois vous assurer qu'elles sont excessivement courageuses, a-t-il déclaré. Elles sont côte à côte avec des hommes et elles effectuent le même travail que nous tous. Donc oui, bien évidemment, on pense au fait qu'elle était une femme. Cela étant dit, elle était d'abord et avant tout une membre de l'équipe.»

Incompréhension

À Les Méchins, cependant, douleur et incompréhension se manifestaient aussi dans les commentaires recueillis.

«Nous n'étions pas en faveur qu'elle aille en Afghanistan. D'ailleurs, je me demande bien ce qu'on fait là-bas, a dit Mario Blais. Ici, tout le monde est chamboulé.»

Les parents de la soldate n'ont pas voulu s'adresser aux médias. Tous deux, ainsi que plusieurs membres des deux familles, habitent à Les Méchins ou dans les environs.

Comme la majorité des autres citoyens, le maire Donald Grenier a croisé à quelques reprises la jeune femme alors qu'elle travaillait au Dépanneur Central, rue Principale. «Elle était très joviale, très travaillante. C'était une jeune femme qui aimait foncer dans la vie», a-t-il dit.

M. Grenier ne savait dire hier si la municipalité participerait d'une façon ou d'une autre aux funérailles ou à une commémoration quelconque en l'honneur de la disparue. Tout dépendra de la volonté des parents, dit-il.

Outre ses parents Gino et Josée et les membres de sa famille, Karine Blais laisse son frère Billy dans le deuil.

 

SECONDE SOLDATE À PERDRE LA VIE

La cavalière Karine Blais est la seconde soldate à mourir en Afghanistan depuis le début de la mission. La première femme à être tuée là-bas fut la capitaine Nichola Goddard. Membre du 1er Royal Canadian Horse Artillery rattaché à la base de Shilo au Manitoba, la femme de 26 ans avait été tuée par une grenade propulsée par fusée au cours d'un combat contre des talibans, le 17 mai 2006 dans le district de Panjwayi.

 




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