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Torture: le SCRS tente de clarifier sa position

Jim Judd, directeur du SCRS, a déclaré hier... (Archives Reuters)

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Jim Judd, directeur du SCRS, a déclaré hier au comité parlementaire de la Sécurité publique que les services de renseignement «ne s'appuyaient pas sur de l'information obtenue par la torture».

Archives Reuters

(Ottawa) Le serviced'espionnage canadien affirme qu'il ne se fie pas « intentionnellement» à des informations obtenues sous la torture.

C'est ainsi que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a clarifié sa position dans une lettre de deux paragraphes envoyée au comité parlementaire de la Sécurité publique, hier. La missive n'a toutefois pas rassuré l'opposition. «C'est très troublant, a déclaré le critique libéral en matière de Sécurité publique, Mark Holland. Ça me donne l'impression très claire que nous sommes toujours «sur le marché» pour de l'information obtenue sous la torture.» Le SCRS tente de calmer la polémique causée par son conseiller en opérations et législation, au même comité, mardi. Geoffrey O'Brian y a déclaré que l'agence de renseignements pouvait avoir recours à des informations obtenues sous la torture, «seulement lorsque des vies sont en jeu». Au comité, hier, le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, et le directeur du SCRS, Jim Judd, ont tenté de remettre les pendules à l'heure. «Nous n'encourageons pas la torture, nous ne nous appuyons pas sur de l'information obtenue par la torture», a déclaré M. Judd. «Il est malheureux que M. O'Brian ait pu être confus dans son témoignage», a-t-il ajouté.

 

»Intentionnellement»

Mais selon M. Holland, le mot «intentionnellement» dans la lettre du directeur Judd fait craindre que le Canada n'a fait aucun progrès en matière de collecte de renseignements de sécurité depuis l'affaire Maher Arar. «Quand je vois «intentionnellement», je pense aux conclusions des juges O'Connor et Iacobucci (sur des Canadiens torturés dans des prisons étrangères), quand ils disent que le SCRS a essayé de dire qu'il ne savait pas que la Syrie pratiquait la torture.» Dans son témoignage de mardi, Geoffrey O'Brian a indiqué que ce genre de situation était rare, et que «normalement, le bénéficiaire de cette information ne sait pas comment (elle) a été obtenue».

Et Ignatieff ?

Le directeur du SCRS et le ministre ont plutôt indiqué qu'à leur avis, le conseiller légal se livrait à une réflexion philosophique et hypothétique sur l'utilisation de la torture. «Un peu comme Michael Ignatieff l'a fait dans son livre A Lesser Evil», a laissé tomber M. Van Loan. Dans ce livre publié en 2004, l'actuel chef libéral, alors professeur à Harvard, a discuté de la nécessité d'avoir recours à des formes d'interrogatoires musclés, comme la privation de sommeil, dans certaines circonstances exceptionnelles, par exemple le besoin d'empêcher un attentat à la bombe. Il a clarifié sa pensée en 2005, en formulant son appui «inconditionnel pour l'interdiction tant de la torture que de ces formes d'interrogatoires coercitifs qui impliquent du stress et de la contrainte». Il a conclu que seules les cours de justice seraient aptes à juger du bienfondé d'une défense de nécessité offerte par un «agent de sécurité consciencieux» qui n'aurait dans ces circonstances exceptionnelles eu d'autre choix que de «désobéir à cette interdiction». Michael Ignatieff a refusé toutes les demandes d'entrevues sur le sujet depuis deux jours. Son bureau affirme qu'il est contre la torture, point final. Le députéMark Holland accuse les conservateurs de tenter de faire diversion.

 




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