Un trafiquant d'armes à feu montréalais spécialisé dans la vente illégale de pièces de AK-47 a écopé d'une sévère peine de 10 ans de pénitencier vendredi. Le Montréalais Anatoliy Vdovin possédait suffisamment de pièces pour fabriquer des centaines de fusils d'assaut en mesure de tirer 600 coups à la minute.

Publié le 21 sept. 2018
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

L'homme de 49 ans a été reconnu coupable en mai dernier d'une dizaine de chefs d'accusation de trafic et de possession d'armes et de pièces prohibées permettant la fabrication de fusils. Quelques mois plus tôt, il avait été acquitté par un jury d'avoir conseillé à quelqu'un de tuer l'ancien porte-parole de la police de Montréal, Ian Lafrenière, en 2013.

La juge Linda Despots de la Cour du Québec a donné raison au procureur de la Couronne, Me Éric Poudrier, qui demandait une peine de 10 ans pour l'accusé, compte tenu de la quantité de pièces prohibées et de leur danger pour le public. « Le danger potentiel que représente une telle quantité d'armes à feu pour la population est évident », a conclu la juge.

La juge n'a relevé aucun facteur atténuant dans la détermination de la peine. Elle a toutefois évoqué de nombreux facteurs aggravants, dont la dangerosité des armes à feu et la quantité « impressionnante » de parties d'armes saisies.

Les policiers ont retrouvé un véritable arsenal chez Anatoliy Vdovin et dans un entrepôt de la rue Notre-Dame. Pas moins de 900 carcasses d'armes à feu, soit la partie centrale d'une arme, 180 silencieux et 25 chargeurs à haute capacité ont été saisis au terme de l'enquête policière.

Le trafiquant a notamment fait l'objet d'une infiltration policière en avril 2015. Une agence fédérale américaine a également lancé une enquête, après avoir vu sur l'Internet une annonce proposant l'achat d'armes et de silencieux.

La quantité de carcasses de fusils d'assaut AK-47 de fabrication russe détenue par Vdovin était « remarquable » et « unique », selon un expert en armes à feu qui a témoigné pour la Couronne.

« Je peux seulement imaginer les dommages causés par la production et la distribution de ces armes à feu sur le marché noir. [...] Les armes à feu produites de cette façon sont non marquées. Elles sont comme des "fusils fantômes", puisque les policiers n'ont aucune façon de tracer ces armes à feu », a expliqué l'expert.

Comme Anatoliy Vdovin est détenu depuis son arrestation il y a plusieurs années, plus de cinq ans de détention préventive ont été déduits de sa peine de 10 ans de prison. Ainsi, il lui reste environ cinq ans à purger.